Un vieil homme se blesse en touchant une plante inconnue appartenant à une amie. Pris de malaise, il est transporté à l’hôpital le plus proche, où l’on diagnostique une infection d’origine inconnue. Après de violentes convulsions, il expulse une énorme larve qui se transforme en insecte géant.
Tant qu’ils sont petits, la plupart des insectes ne sont pas effrayants, mais lorsqu’ils font le double de notre taille, ils deviennent plus terrifiants que tout ce qu’il y a dans le monde. Rimini a décidé, en sortant le 12 novembre prochain le combo DVD/Blu-ray de Insect, réalisé par William Fruet, de nous confronter à cette peur que nous ne connaîtrons jamais… du moins, nous l’espérons.
Une pépite méconnue du film de monstres
L’histoire du septième art s’articule autour d’un schéma où chaque film s’inspire d’un autre. Le cinéma d’horreur s’est grandement démarqué de ce côté-ci, puisqu’il est aisément reproductible et qu’il peut attirer un certain public. Le cinéma des années 1970 et 1980 regorge de ce genre de productions, entre hommages fabuleux et plagiats éhontés. Cette prolifération a fait que certains titres, qui méritaient davantage de lumière, sont restés dans l’ombre. C’est le cas de Insect.
Insect est une œuvre dans la même veine que Extra Sangsues et qui aurait mérité le même statut culte. William Fruet propose ici un métrage très inspiré d’Alien, pour son côté huis clos et sa créature, mais également des films de science-fiction des années 1950, à l’image de Des monstres attaquent la ville. Ce choc des époques marque l’évolution du genre, comme avait pu le faire The Thing cinq ans auparavant. Insect est davantage dans le mimétisme que ce dernier, mais parvient à offrir le meilleur des deux mondes grâce à une bonne gestion de l’angoisse dans ses moments forts.

Un film qui s’éparpille trop
Insect, contrairement à d’autres productions horrifiques de l’époque, suscite beaucoup de sympathie. Si c’est le cas, c’est parce qu’il possède des personnages auxquels on s’attache et qui sont loin d’être idiots. Néanmoins, ils sont symptomatiques du problème principal du film : son incapacité à choisir. Cela se ressent notamment dans l’écriture des personnages, qui semblent presque tous sortir de films différents, une particularité qui se reflète dans la tonalité du métrage. Entre thriller, huis clos, épouvante et comédie, Insect ne sait pas sur quel pied danser, ce qui pénalise ses bonnes idées.
Parce que oui, le métrage possède de bonnes séquences dans chacun des genres cités. Certaines blagues sont drôles, il y a des meurtres marquants… mais cette incapacité à choisir fait que l’on est constamment frustré. La partie épouvante met, par exemple, du temps avant de véritablement arriver, ce qui est bien dommage. Pire encore, le film fait également de mauvais choix, en particulier dans sa résolution. On aurait presque aimé que William Fruet s’inspire encore plus de Ridley Scott, principalement dans la portée sociale. En effet, Insect se déroule dans un hôpital principalement composé de femmes médecins. Malheureusement, cet aspect n’est jamais vraiment exploité. Malgré tout, la sincérité et l’amour qui émanent du projet font qu’on peut lui pardonner ces écueils. Quand on aime, il arrive souvent qu’on fasse tout et son contraire, et là, c’est exactement le cas.

Quelques mots sur l’édition
Cacher la créature permet de gagner en tension, mais, lorsqu’on la découvre, on aimerait la voir dans les meilleures conditions. C’est exactement ce que Rimini a fait avec Insect, dont le master HD permet d’apprécier le travail de Steve Neill aux effets spéciaux. En revanche, cette édition se démarque par son absence de bonus. L’insecte a grandi, mais il n’a pas apporté avec lui de contenu supplémentaire.

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