Slugs – une invasion de limaces signée Rimini

Plusieurs personnes meurent mystérieusement. Mike Brady pense en avoir découvert la cause, mais sa théorie sur des limaces tueuses n’est pas prise au sérieux par les autorités.

Les limaces sont des créatures peu ragoûtantes que peu de personnes souhaiteraient inviter dans leur foyer. Pourtant, beaucoup accepteront le 8 septembre 2026 leurs cousins mutants grâce à Rimini qui, avec le combo DVD/Blu-ray de Slugs, réalisé par Juan Piquer Simón, possède un argument de taille.

de la série B qui dégouline bien

Le cinéma nous a prouvé que n’importe quel insecte ou animal pouvait être un danger pour l’être humain. En effet, si un oiseau ou une fourmi pouvait tuer, pourquoi pas une limace ? Slugs part cependant avec un avantage, car cette dernière peut réellement tuer un Homme, principalement par ingestion – chose que le métrage montre bien avec une très grande exagération. Néanmoins, le principal atout de la créature est qu’elle ne possède pas nos grâces, ce qui justifie l’aversion de la population d’Ashton dans le film.

À l’image des Oiseaux en son temps, Slugs montre une ville victime d’une invasion de nuisibles très dangereux. Le métrage est clair sur le fait que la menace plane sur tout le monde, de manière parfois même injuste. Bien qu’il possède un fil rouge, le film s’articule autour de scénettes, avec le mal frappant aléatoirement des habitants d’Ashton. Nous pouvons y voir du Stephen King dans cette étude sociologique face à l’horreur. En revanche, que l’on soit clair : Juan Piquer Simón ne possède ni le talent du romancier, ni celui d’Alfred Hitchcock.

Dans Slugs, les citoyens paient le prix de dirigeants dont la conscience n’est portée que sur le profit, au détriment du bien-être de la communauté. Le film a ainsi bon fond, bien que celui-ci soit classique, mais il n’est pas porté par une forme grandiose. Aussi bien le montage image que le montage sonore sont incohérents, le redoublage qui a été fait marque le peu d’enthousiasme des acteurs… C’est une série B qui possède toutes les tares que l’on peut imaginer, à la différence que celle-ci rampe dans une cave tandis que d’autres sont acceptées dans notre salon. Pourtant, il y a un élément qui fait que l’on jette tout de même un coup d’œil : les limaces.

une salade sanglante

Les années 1980 permettent une chose que les films d’animaux tueurs ne pouvaient que très rarement accomplir : être gores. Cette décennie nous a offert un véritable festival de body horror et il faut bien avouer que Slugs possède une très bonne place. Le métrage ne lésine pas sur la violence et est même plutôt inventif. Cette inventivité permet de sauver partiellement des séquences techniquement perfectibles et de laisser une trace dans l’esprit du spectateur.

Cette prouesse vitale pour Slugs a été réalisée par Basilio Cortijo. Il est parvenu à rendre ces créatures vraisemblables en mélangeant vraies et fausses limaces, et surtout en rendant l’impact sur le corps humain délicieusement crade. Le danger est palpable, presque irrésistible et absolument pas ridicule. Finalement, ce n’est pas nous qui jetons un coup d’œil dans la cave, ce sont les limaces qui viennent à nous pour nous rappeler qu’elles existent.

quelques mots sur l’édition

Dans un sous-sol, on ne voit pas grand-chose, mais Rimini nous apporte une lampe torche qui permet de mieux voir les horreurs visuelles que propose Slugs. Le master HD est ainsi de haute qualité et offre la possibilité d’apprécier un film qui aurait pu rester indéfiniment en France sous un voile poussiéreux. L’édition comporte également une présentation du métrage par la chroniqueuse Lilyy Nelson, ainsi qu’un entretien avec Shaun Huston, l’auteur du roman dont est adapté le film, deux bonus très sympathiques pour ceux souhaitant avoir une autopsie plus complète de ces limaces tueuses.

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