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Rouge – Destruction de la santé publique et de l’écologie

Nour vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets.

Rouge

Note : 4.5 sur 5.

C’est une réalisation du Franco-algérien Farid Bentoumi. Son premier film était la bonne comédie Good Luck Algeria en 2016, déjà avec Sami Bouajila. Il a écrit le scénario avec Samuel Doux (La Prière). Le film a eu le Label « Les nouveaux venus » au Festival de Cannes 2020.

Un casting alléchant, une thématique forte, il n’en fallait pas plus pour me pousser dans les bras de Rouge. Je suis ressorti marqué par cet excellent film.

Le combat de l’emploi et l’industrie

J’ai adoré le côté drame social que porte Rouge. Alors certes, il n’y aura pas que cet aspect notamment avec un aspect un peu thriller pour le côté atmosphère. Cependant, les problématiques de l’usine et les conditions de travail des salariés sont au cœur. Cela relève un dilemme capital de nos sociétés modernes, est-ce que la nécessité d’avoir un emploi doit primer sur tout.

En effet, comme beaucoup d’usine d’industrie lourde, celle-ci est soupçonnée de dégager des rejets nocifs. Accusation qui sera au cœur de l’enquête menée par cette infirmière. Dans cette quête de vérité, elle va être confrontée à son père, syndicaliste qui veut préserver à tout prix les emplois, et a peur de la fermeture.

Un choix cornélien est donc devant notre protagoniste. Elle sait que si les accusations sont fondées, alors les salariés sont en danger pour leur santé, mais en même temps, s’ils perdent leur emploi certains ne vont pas s’en relever. Cette torture psychologique est très prenante. On ressent totalement sa difficulté à départager le sens des priorités, surtout qu’avec son père, l’affectif vient s’y mêler.

Contre la santé publique et l’environnement

Le second enjeu va être les retombées écologiques. Encore fois se pose la question de la nocivité d’une usine sur son environnement et qu’on doive dire stop, tout en mettant en péril des centaines d’emplois. Ici il n’y a pas réellement de bien et de mal car chaque choix à une conséquence regrettable. C’est un reflet de la réalité. D’ailleurs, on remarque à la fin du film que le réalisateur s’est inspiré de faits réels. À noter un tacle dans les règles au monde de la politique fermant souvent les yeux.

Tout cela va être rythmé par une histoire passionnante à suivre. Il n’y a pas de temps mort et on va être rapidement impliqué dans ce récit puissant. Cela reste une histoire dure par sa portée et son traitement approprié ne lui donne que plus d’intérêt.

Cette magnifique œuvre est aussi possible grâce aux prestations fantastiques de Zita Hanrot et Sami Bouajila. Quel duo père fille donnant des frissons par sa qualité et l’émotion transmise. J’aime beaucoup Zita Hanrot. Celle qui a remporté le César du Meilleur jeune espoir féminin dans Fatima en 2016 ne cesse de m’épater. C’est pareil pour Sami Bouajila faisant partie des acteurs pouvant me faire déplacer au cinéma juste pour sa présence à l’affiche. Sa performance dans Un fils lui ayant valu le César du Meilleur acteur, reste encore dans ma mémoire.

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