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BAC Nord – Le thriller Français de l’année

Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune.

BAC Nord

Note : 4.5 sur 5.

C’est une réalisation du Français Cédric Jimenez qui revient sur Marseille après l’excellent La French en 2014. Il fait de nouveau équipe avec Audrey Diwan. Bac Nord est présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2021.

Tellement longtemps que j’attends ce film de nombreuses fois reporté, et enfin il est parmi nous. L’attente fu récompensée avec un excellent thriller.

Il y a plus aucune règle

Je me suis pris une véritable claque. Avant toute chose, je voulais rappeler que ce film est inspiré d’une véritable affaire de corruption au sein du service de la BAC Nord de Marseille. Seulement, et il est important de le préciser, l’affaire réelle avait une portée plus grande notamment en nombre de policiers mis en cause et de faits reprochés. Cette minimisation volontaire de Cédric Jimenez lui a valu un certain nombre de reproches mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une fiction et non relater la réalité.

Le film va être séparé en deux parties bien distinctes. La première va être plus centré sur le terrain, et la seconde sur les retombées de l’affaire. Nous allons donc dérouler dans l’ordre.

J’ai adoré cette immersion dans les quartiers Nord de Marseille. On peut y voir plusieurs lieux comme par exemple une intervention musclée à Félix Pyat. Cette partie est symbolique de la façon puissante dont le film retranscrit tout ce contexte. Une ambiance se crée. On sent la méfiance, et même l’agressivité des jeunes envers la BAC. Une haine qui se transformera en violence à plusieurs reprises. On vit ses moments avec du point de vue des policiers.

Il y a plus de flic, plus de politique

Certains diront que ce film est caricatural et donne une image très négative de ce qui se passe dans ces Quartier Nord. Il est vrai qu’on a des pointes d’exagération, mais il faut aussi se rendre compte que la BAC intervient pour la criminalité, c’est donc normal de ne voir que du négatif. Ils n’ont pas un rôle de médiation mais de répression.

La tension va être donc sans arrêt palpable durant tous ces moments sur le terrain. On sent qu’à n’importe quel instant cela peut déraper dans un sens comme dans l’autre. Le réalisateur veut certes nous mettre dans la peau des policiers pour qu’on voit ce qu’ils endurent, mais Cédric Jimenez n’oublie pas de montre le comportant nocif de ces derniers. La façon dont ils contournent la loi qu’ils sont normalement censés faire appliquer. J’ai adoré ce côté très sombre et équilibré entre les parties. Afin de montrer un panorama qui se veut complet, on aura d’autres scènes plus légères, notamment une d’anthologie avec un jeune en voiture.

Vous l’aurez compris, le ton est très cru, et il ne faut pas avoir peur du rentre dedans. On est au cœur d’un monde sur lequel beaucoup ferme les yeux par confort.

Il y a plus personne

Pour autant, Bac Nord ne va pas se contenter d’être uniquement dans la confrontation et de l’adrénaline. Le film va montrer l’envers du décor et les conséquences de ces « petits arrangement » que font ces policiers afin d’avoir leur renseignement. Cette partie sera beaucoup plus lente, et plus posée. Elle vient compléter parfaitement ce qu’on a vu avant. Je dois tout de même dire que ce changement de rythme est brutal.

On va pouvoir alors réfléchir aux méthodes employées par ces baqueux. Les largesses prises avec la loi, tout en ayant l’aval de leur direction. Est-ce qu’ils sont réellement des pourris ou ils ont juste voulu booster le système pour le bien de la communauté ? Cédric Jimenez va nous laisser en juger par nous-même.

Cette histoire me fait penser à celle de Jérôme Kerviel qui exploitait sans morale les marchés avec l’aval de sa direction, mais une fois le pot aux roses découvert, tout le monde-là lâché. Ces policiers ne sont finalement que des instruments peu scrupuleux d’un système politique prêt à tout pour un coup d’éclat et faire du chiffre de bonne apparence.

Tout cela est possible grâce à un casting extraordinaire, et je pèse mes mots. Gilles Lellouche est parfait en leader autoritaire. Quant à François Civil, il confirme être un des meilleurs acteurs Français du moment. Enfin, Karim Leklou complète magnifiquement ce trio en étant à la fois discret, mais percutant quand il doit intervenir. Il ne faut pas oublier les brillant rôle secondaire de Adèle Exarchopoulos et Kenza Fortas. Après sa révélation dans Shéhérazade, la native de Marseille s’épanouit dans sa ville. Pour finir j’ai apprécié l’apparition du prometteur Idir Azougli.

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