Je tremble ô Matador – La communauté LGBT à l’heure de la dictature militaire de Pinochet

Je tremble ô Matador : Chili, 1986, en pleine dictature de Pinochet. Par amour pour un révolutionnaire idéaliste qu’il vient de rencontrer, un travesti sur le déclin accepte de cacher des documents secrets chez lui. Ils s’engagent tous deux dans une opération clandestine à haut risque. 

Je tremble ô Matador | Outplay
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Je tremble ô Matador

Note : 4 sur 5.

 
C’est une réalisation de Rodrigo Sepúlveda qui a adapté le roman de l’écrivain et artiste LGBT chilien Pedro Lemebel (1952-2015).   Ce drame chilien va sortir le 15 juin 2022 en salle.

Un équilibre entre sentimental et politique

Je tremble ô Matador s’inscrit dans un contexte bien particulier. En effet, il se passe durant la période la plus sombre de l’histoire du Chili, la dictature du général à Augusto Pinochet. Si ce point est primordial c’est pour plusieurs raisons. Tout d’abord la répression active qu’il y avait à l’époque et donc forcément la résistance face à celle-ci. Le régime militaire n’était pas tendre avec les gens étiqueté socialistes ou communiste. De plus il y avait une vraie haine des personnes de la communauté LGBT. Celles-ci devaient se cacher. Elles étaient moquées, voir frappées, torturées, ou même exécutées. Tout cela de la part des militaires qui étaient les représentants du régime. 

C’est donc en connaissant tout cet environnement que l’on peut comprendre la force de ce film. Chaque acte que va faire la Loca del Frente peut-être perçu comme militant. Elle ne cache pas sa volonté d’être une femme à une époque où les mentalités n’étaient pas ouvertes. C’est donc très symbolique tout ce que l’on voit. Il faut aussi se rendre compte de la dangerosité de l’afficher publiquement. A travers des dialogues, on sent que le problème ne s’arrête pas seulement à la dictature mais plutôt à l’état d’esprit général du pays. Même sous la présidence de Salvador Allende, la communauté LGBT n’avait pas leur place.  

Je tremble ô Matador | Outplay
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Un acteur de prestige pour faire vivre son personnage

Ce sont ces échanges qui vont donner toute la beauté à ce drame. Il n’y a pas de complexité futile. Tout le monde parle avec son cœur et cela se ressent. On est touché par la situation difficile que vit la Loca del Frente. Il y a un mélange de courage et de fierté d’assumer son être. Pour autant, on voit tout de même un désespoir face à cette société qui est sans arrêt dans le rejet. La volonté de combattre la dictature semble être moins forte que le refus de donner une place à la communauté LGBT. Toutes ces émotions sont sublimes par une bande originale très belle à travers notamment la chanson Tengo miedo torero de Lola Flores. 

Vous pouvez dire la même chose de l’acteur principal Alfredo Castro. Ce dernier interprète avec brio son personnage. Ce chilien a un talent incommensurable. On a déjà pu le voir cette année dans Karnawal ou Algunas bestias. Les personnages l’entourant vont surtout servir à le mettre en valeur, notamment le mexicain Leonardo Ortizgris.  

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