Cannes 2026 – ON a vu « Teenage sex and death at camp miasma », le faux slasher cannois vraiment meta

Le début de la compétition cannoise vient forcément s’accompagner des ouvertures de ses différentes sélections parallèles, et notamment celle de la rafraîchissante sélection « Un Certain Regard », qui vient se plonger dans un cinéma plus jeune, parfois plus audacieux, qui permet de découvrir de nouveaux talents, et différents cinémas.

Et pour ouvrir cette sélection, nous avons donc pu découvrir le nouveau film de Jane Schoenbrun, qui avait notamment pu être repérée avec son précédent long-métrage I Saw The TV Glow. Avec ce nouveau projet, la réalisatrice continue de nous entraîner dans son univers avec ce qui ressemble, au premier abord, à une petite pastiche de slasher, mais peut-être qu’il y a plus à découvrir…

Alors, avons-nous là un slasher qui vient asperger la croisette ? Ou bien un exercice de style qui se transforme en boucherie ? On vous donne notre avis à chaud !

Mais du coup, ça parle de quoi ?

Nous suivons une jeune réalisatrice qui doit mettre au monde son premier long-métrage à budget, mais pas n’importe lequel. Car il s’agit du remake d’une saga horrifique dont elle profondément fan, « Camp Miasma« , une saga de slasher aux suites douteuses, et qui a terminée dans les oubliettes des studios, alourdie par des scandales et polémiques.

Non contente de ce projet, qu’elle sent mis sur les rails par le studio pour des raisons moins honorables, notre jeune réalisatrice part à la reconquête de la final girl du premier volet de cette saga sanglante, Billy Presley, depuis recluse dans un lieu isolé de la société. Mais suite à cette rencontre, le projet commence à prendre un virage inattendu, est entraîne nos deux femmes sur un chemin à la croisée des réalités et des consciences, où le désir, les pulsions et les angoisses se mêlent.

Qu’est-ce qu’on en pense ?

Teenage Sex and Death at Camp Miasma est une nouvelle opportunité pour Jane Schoenbrun de nous faire explorer son univers, notamment le rapport aux écrans, et à leurs iconographies. Car ce nouveau film vient notamment clôre la « Screen Trilogy » que la réalisatrice avait démarré en 2021 avec We’re all going to the World Fair en nous plongeant notamment dans les légendes urbaines, et cette fois, nous passons au grand écran et en particulier sur les films d’horreurs, avec une flopée de questionnements sur ce genre et son exploitation.

Ici, le film explore de nombreux sujets, venant transformer ce faux slasher en véritable canevas thématique, à la fois très conscient de lui-même, mais venant également questionner bon de nombre de sujets qui font l’état du cinéma d’horreur actuel. Ce métrage reprend ouvertement les dynamiques bien classiques du « summer camp slasher » pour mieux les détourner et venir s’amuser avec son registre, pourtant ultra codifié. Non contente de s’adonner à une pastiche stylistique, Schoenbrun vient aussi y ajouter son petit lot de références qui viendra faire plaisir aux cinéphiles aguerris.

On le voit avec le personnage de Gillian Anderson, venant s’hybrider entre une Norma Desmond de Boulevard du Crépuscule, et une Sharon Stone dans ses heures les plus fantasques. Nous avons là un personnage haut en couleurs, et qui ne manque pas de scènes joyeusement décalées, à l’image de cette séquence culinaire de haute voltige, à grande plâtrée de poulet frit.

Mais cela n’est que la partie émergée de l’iceberg, car dans cet océan de biserie très 90’s, se cache une réflexion plus profonde qui vient se diffuser tout au long du récit. Il vient ouvrir nos esprits à la réflexion ou l’analyse critique sur la question des franchises, de leurs héritages parfois problématiques, et de leur revival souvent hypocrites, jusqu’à venir se transformer en objet de réflexion meta. Le métrage opère une métamorphose qui se déploie sous nos yeux, entre deux saillies sanglantes ou grandiloquentes.

Mais le métrage n’est pas exempt de défaut bien évidemment, et on pourra facilement rester hermétique à cet OVNI parfois bien chaotique, notamment sur son récit, qui va prendre une route bien sinueuse et nombreuse en détours, pour arriver à sa réflexion ultime, que l’on voyait peu à peu se profiler. Cet emballement narratif vient créer, malheureusement, un essoufflement périodique dans son rythme, où les trop nombreuses tribulations peuvent venir lasser le spectateur.

Alors oui, le film peut en désarçonner plus d’un, de par son esthétique, son récit qui va avoir tendance à vite s’éparpiller, ses reprises de gimmicks et son aspect meta qui peut le rendre moins accessible. Mais si vous répondez à cette invitation, préparez-vous à embarquer dans une expérience maligne, engagée et totalement barrée !

Au final, Teenage Sex And Death At Camp Miasma est une ouverture qui résume bien la sélection « Un Certain Regard » de par son audace, mais aussi son ambition thématique. Un faux slasher qui se transforme en véritable objet de réflexion sur le genre de l’horreur, ses codes et son héritage. Parfois brouillon, mais foncièrement réjouissant.

Note : 3 sur 5.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

categories

subscribe to my blog