Saint Omer – Le procès glacial d’une mère infanticide

Saint Omer | Les Films du Losange

Saint Omer : Rama, jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly à la cour d’assises de Saint-Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France. Mais au cours du procès, la parole de l’accusée, l’écoute des témoignages font vaciller les certitudes de Rama et interrogent notre jugement.

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Saint Omer

Note : 2.5 sur 5.

C’est la première fiction que réalise Alice Diop après des documentaires comme Nous. Elle a écrit le scénario avec Amrita David et Marie Ndiaye. Saint Omer a remporté le Lion d’Argent du Meilleur premier film à la Mostra de Venise 2022. Ce drame français est sorti le 23 novembre 2022 en salle.

Candidat de la France à l’Oscar du meilleur film international

Pour connaître l’origine de Saint Omer, il faut remonter à 2017. Cette année-là, Fabienne Kabou fut condamner pour le meurtre de son bébé en 2013.   

Le procès est clairement au centre de ce film. Il sert de tribune afin que Laurence Coly explique son geste. Durant deux heures, le spectateur tente de comprendre, en vain, comment une mère peut tuer froidement son enfant. Ses témoignages n’en restent pas moins forts. Non pas par une quelconque empathie naissante avec cette mère infanticide, mais plutôt par la froideur de celle-ci. Les échanges entre l’accusé et la juge soulèvent un sentiment d’horreur. Il faut dire qu’Alice Diop ayant elle-même assistée au procès, elle peut retranscrire fidèlement l’atmosphère.  

Saint Omer | Les Films du Losange
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Une obsession pour Saint Omer

On sent que la réalisatrice s’applique à l’esthétique de Saint Omer. Les angles sont toujours bien trouvés afin de mettre en valeur les différentes déclarations. Dans cette optique, les dialogues sont fluides et percutants. Malheureusement, il manque du cœur à cette œuvre. La volonté d’axer sur Rama n’est pas des plus habile. Le procès en lui-même suffit à faire le parallèle de la situation de l’écrivaine avec sa mère, et son enfant à venir par la même occasion. En revanche, les différents flash-backs rajoutent de la lourdeur. Ils prennent trop de place.   

Pour ne rien arranger, la prestation de Kayije Kagame laisse à désirer. Son premier rôle au cinéma n’est pas convaincant pour cette actrice habituée au théâtre. En parallèle, Guslagie Malanda impressionne dans la peau de Laurence. Chacune de ses prises de parole retient l’attention. Si elle avait été l’unique protagoniste central, Saint Omer n’en aurait été que meilleur.    

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