Festival La Rochelle Cinéma (fema) – Journal de bord – Jour 10

Chers lecteurs, chères lectrices, continuons notre plongée au cœur du fema pour sa 52° édition, au travers de ce dixième et dernier jour, où j’ai vu une pépite.

Le début de la fin

Ce matin, je me suis levé en songeant au fait que ça y est, nous sommes arrivés au bout de cette 52° édition du festival La Rochelle cinéma. Après cette unique et dernière séance, il faudra attendre un an avant d’y revenir. C’est un moment à la fois beau et triste.

Le festival qui vient de connaître sa seconde meilleure année en termes d’influence, s’est déjà bien vidé, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Où que l’on regarde on sent que c’est la fin, on remballe les bouquins dans la librairie du festival, les gens paraissent bien fatigués, d’autres se disent adieux.

Comme je l’avais pressenti, c’était une édition un peu particulière pour moi, car il n’y avait pas grand chose qui me faisait particulièrement envie dans la programmation, si ce n’est justement ce film de clôture. Et même si j’ai vu quelques films qui m’ont réellement enthousiasmés, ils n’étaient pas légion. De plus, l’un de mes amis, fidèle festivalier depuis une bonne vingtaine d’années, n’était pas de la partie cette fois-ci, donc ce n’était pas pareil sans lui (il se reconnaîtra, Armel pour ne pas le citer).

En place pour l’ultime séance

Arrivé près de deux heures avant la projection, j’étais bel et bien le premier à entrer en salle pour voir le chef d’œuvre d’Abel Gance, Napoléon. Soirée de clôture oblige, l’équipe du festival est venue nous dire au revoir et à l’année prochaine, dans une salle bien plus remplie que je ne l’imaginais pour un film de 7h12 (sur le programme en tout cas).

Le film est divisé en deux parties : 1ère époque de 3h47 et 2ème époque de 3h25. Entre les deux nous avons une pause d’un peu plus d’une heure et le festival, dans sa grande générosité, nous offre une glace de son partenaire Ernest. 

Me précipitant hors de la salle, pendant le générique de fin (qui est bien long), j’arrive deuxième chez Ernest et n’ai pas besoin d’attendre une éternité avant d’être servi. Je déguste ma glace au soleil, histoire de reprendre des forces, car 3h30 de film muet ça reste éprouvant, surtout lorsque c’est multiplié par deux.

On échange avec d’autres personnes qui sortent de la première partie, afin de voir si les avis se rejoignent et en effet, tout le monde est impressionné par ce que l’on vient de voir. Lorsqu’on réalise qu’un tel film à vu le jour en 1927, c’est quasi surréaliste.

Quand on voit les idées de mise en scène, les techniques utilisées, qu’un format fut breveté spécifiquement pour ce film, la production d’une telle entreprise, ça a dû être fou, et je pense que ça mériterait bien un documentaire sur le sujet. Sans oublier la restauration qui est incroyable, bien évidemment.

Une première partie haletante

La première partie commence par un prologue sur l’enfance de Napoléon Bonaparte, où il se fait malmener par ses camarades lors d’une bataille de boules de neiges, mais en grand stratège qu’il est déjà il arrive à déjouer les plans de ses ennemis. C’est assez classique mais très maîtrisé et il y a déjà de belles idées de mise en scène.

Après quoi on le retrouve adulte en Corse, lorsque cette dernière cherche à quitter la France pour un autre pays (ici on parle de l’Angleterre, de l’Italie, et de l’Espagne). Toutes les factions dissidentes sont d’accord sur une chose : Ils ne veulent plus de la France et sont donc opposés à Bonaparte !

Ce dernier se voit contraint et forcé de prendre la fuite sur un navire de fortune. Il va se retrouver dans une tempête, qui sera mise en parallèle avec celle de la convention, avec une fois encore de chouettes idées de mise en scène, comme filmer la convention d’un point de vue zénithal sur une balançoire, pour reproduire les remous de la mer. La tempête des deux côtés est le ventre mou de cette partie, car ça dure trop longtemps.

Bien évidemment nous avons aussi des batailles et pas la moindre avec le sauvetage de la ville de Toulon face aux anglais. C’est peu ou prou la seule véritable grande scène de bataille et même si par moment c’est un peu fouilli, c’est très dynamique et impressionnant, avec ce final sous la pluie battante, dans une lumière rouge, qui évoque le sang du champ de bataille. Le tout fini sur un plan magnifique, dont je garderai la teneur.

Une seconde partie surprenante

La seconde partie dont on était en droit d’attendre qu’elle allait monter en pression, va prendre le contre pied, en allant dans une tout autre direction, ce qui nous a toutes et tous étonnés.

Forcément, on traite des enjeux politiques au début de cette 2ème époque, où il sera tour à tour glorifié, mis en prison, puis deviendra le sauveur de Paris. Suite à quoi le film se concentrera longuement sur sa relation avec Joséphine de Beauharnais qui forme le ventre mou de cette partie là. Et nous terminerons sur le début de sa campagne en Italie.

Cette fin est plus qu’attendue, puisqu’on a même pas de nouvelles batailles à proprement parlé, car le sauvetage de Paris se fait sans que l’on en voit grand chose. Cependant, une autre chose va nous étonner, c’est ce dispositif breveté pour l’occasion, le Polyvision, un procédé conçu par Gance de projection en triple écran. Il nous donne par moments l’illusion du scope avant l’heure, une prouesse formidable et magnifique, qu’il n’utilisera pas que dans ce but, mais c’est vraiment là qu’il est le plus bluffant, il faut bien le dire.

Conclusion

Cette version est celle voulue par Abel Gance, du moins elle nous est vendue comme telle. Sachant qu’on nous a bien précisé que deux autres versions du film sont bien connues, une dite Opéra d’une durée de 4h, la seconde dite Apollo d’une durée de 9h30, présentée aux exploitants, puis celle-ci dite Grande Version sur laquelle s’est fondée la cinémathèque pour sa restauration.

Ce travail a pris plus de 15 ans et à coûté près de 4 millions d’euros, un travail titanesque qui se voit à l’écran soyez en sûr et certains. Je ne peux que vous encourager à aller le voir en salle malgré sa durée qui peut en rebuter certains d’entre-vous ; ça fait partie de l’histoire du cinéma, de l’Histoire tout court, ce serait dommage de passer à côté.

Voilà, c’est tout pour cette 52° édition du fema, merci de m’avoir suivi, j’espère vous avoir donné envie de voir certains de ces films ou de venir au fema l’année prochaine, pourquoi pas.

Bonne semaine à vous.

Vous pouvez continuer à nous suivre sur Instagram , Twitter et Facebook.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

categories

subscribe to my blog