« Avatar: de Feu et de Cendres » – Critique tout feu tout flamme

Synopsis – Jake Sully et sa famille vivent désormais parmi les Metkayina, près des récifs de Pandora, tout en faisant face au deuil de Neteyam, tombé lors d’un affrontement avec la RDA. Chacun tente de surmonter cette perte à sa manière. Pour protéger Spider, jugé trop vulnérable, ils le confient aux Tlalim, les « Marchands du Vent », un peuple nomade des airs chargé de le ramener chez les Omatikaya. La famille décide finalement de les accompagner dans ce voyage. Leur périple est interrompu par l’attaque des Mangkwan, le peuple des Cendres mené par Varang, dont la culture a été détruite par un volcan et qui rejette Eywa pour cette tragédie. Pendant ce temps, la RDA se réorganise en secret en vue d’une nouvelle offensive.

Un troisième qui promet le feu !

Nous voilà donc de retour à Pandora, deux ans après le deuxième volet, “Avatar: La Voie de l’Eau”, et presque 10 depuis le premier “Avatar”. Alors que Jake Sully et Ney’tiri font le deuil suite à la perte d’un de leurs fils, et que la famille tente de se reconstruire encore, la bataille fait rage sur Pandora. Alors que la survie de cette famille est mise à mal, et que la RDA continue son expansion, le tout vient encore se complexifier lorsque qu’une nouvelle tribu fait son apparition, et amène avec elle un nouveau présage de destruction. Pendant ce temps, Kiri tente de percer les mystères d’Eywa, Lo’Ak trouve sa place et Spider essaye de survivre et va peut-être ouvrir une nouvelle voie.

Avec ce troisième volet, au budget colossal estimé à 400 millions de dollars, le spectacle semble nous être assuré avec sa durée de 3h17. Cet opus est également censé boucler une première trilogie, un premier arc narratif, avant de se lancer dans une aventure finale, si le quatrième et cinquième se font (ce qui semble presque certain, mais pas encore confirmé).

Une nouvelle fois, la famille Na’vi est mise à rude épreuve, entre deuil et choix difficiles. Et le récit nous propose également de suivre une myriade de récits. Et une bonne dose d’affrontements, boostés au HFR, et aux prouesses techniques toujours plus impressionnantes !

Le show est assuré, mais le succès est-il au rendez-vous ? Et bien, si ce troisième opus nous régale techniquement, il montre quelques signes de fatigue sur son récit…

Un retour enflammé, et toujours soigné !

Il faut bien l’avouer : James Cameron est un technicien hors pair ! Depuis le premier métrage de cette saga, notre bon James ne cesse de repousser les limites techniques, et de nous offrir des véritables prouesses visuelles. Après l’émerveillement aquatique du second volet, ici, Cameron va venir mélanger tout ce qu’il a pu faire, pour nous offrir un divertissement dantesque.

Entre milieux aquatiques, course-poursuite endiablée, et affrontements multiples… Le métrage ne s’arrête jamais vraiment dans son étalage technique, et dans sa générosité presque sans limite, venant donc nous régaler de bout en bout, malgré un petit chaos qui se profile peu à peu dans son enchaînement.

Ici, Cameron parvient à retrouver un souffle épique, et une ambition visuelle qui se ressent dans de nombreuses scènes. À l’image par exemple de la première bataille aérienne, où la nouvelle menace, les Mangkwan se révèlent dans toute sa brutalité.

La nervosité se fait ressentir, et la caméra virtuelle, technique créée par notre bon James, vient ici se poser pour trouver l’angle le plus efficace. Venant donner une introduction virtuose, mais surtout implacable à ces nouveaux antagonistes qui se voient offrir une entrée en matière musclée et enflammée !

De ce point de départ, le film ouvre ensuite la porte à un déferlement d’action, venant encore s’amuser davantage avec sa technique. Entre des combats aériens, ou encore une course-poursuite industrielle, le film ne cesse de repousser ses limites !

Évidemment, cette dose généreuse d’action va de pair avec la précision technique qui rend l’immersion toujours aussi magique sur Pandora ! À défaut de venir accentuer l’exploration de la planète, n’offrant que peu de paysages nouveaux, ces derniers continuent de prendre en densité, et montrent aussi le temps qui passe, à l’image de cette ville humaine grandissante. Il y a aussi quelques émerveillements, au-delà du niveau de détails, que ce soit sur le grain de la peau, la fluidité des mouvements. Mais dans la découverte de nouvelles idées !

C’est, sans aucun doute, mis en avant lors de la scène de découverte du peuple de l’air, avec son attelage aérien aux notes de Lovecraft. Qu’il est bien dommage que ce passage soit aussi bref au final. C’est d’ailleurs un des plus gros regrets ici, avec cette absence de véritable renouveau dans cette saga. On le remarque assez vite au fil de certaines scènes, ou d’autres deus ex machina, qui vont sembler un poil familier. Un disque presque rayé donc..

Car oui, la maîtrise technique est une nouvelle fois quasi implacable, et nous offre certainement l’un des spectacles les plus satisfaisant de 2025. Avec ce troisième volet, la saga vient prendre un tournant plus musclé que son prédécesseur, mais se retrouve à être plus une suite directe qu’un nouvel opus.

Est-ce que la saga ne commencerait pas à montrer quelques signes de fatigue ? Cameron, a-t-il encore de la matière à proposer pour les volets (potentiels) à venir ?

Un récit qui tourne un brin en rond ?

Car là où le film s’essouffle un peu plus, c’est bien sur son récit, qui enchaîne les ressemblances, et semble par moments un brin tourner en rond. Si l’aspect mythologie, ainsi que cette société Na’vi souhaite prendre en densité, notamment au travers des Mangkwan, nouvelle tribu loin de ce que l’on a pu connaître jusque-là, venant briser l’image écologique et spirituelle. On regrettera bien vite, que cette véritable nouveauté soit vite reléguée au second plan, ne devenant qu’un sidekick au véritable antagoniste : Miles Quaritch (oui encore). Mais si la figure reste la même, notre bon vieux colonel prend une dimension nouvelle, à défaut de vouloir mourir, Miles se complexifie.

En effet, étrillé par des dilemmes variés (physique, existentiel et philosophique), cette nouvelle ficelle n’est pas déplaisante à suivre, et vient nous montrer ce grand méchant sous un jour plus tiraillé que jamais. Quel dommage que cela ne s’imbrique pas dans un récit bien trop balisé, et venant donner des airs de déjà vu.

Cela se ressent particulièrement sur l’évolution de certains personnages, ou plutôt leurs stagnations par rapport au volet précédent. Ney’tiri reste toujours aussi haineuse envers les humains, Jake échoue encore à être le bon chef de famille… Les mêmes dynamiques se perpétuent, et se retrouvent encartées dans des scènes parfois bancales, et dans des choix scénaristiques, parfois hasardeux pour cette famille face aux principes Na’vi.

Mais le film a pourtant des idées ! Et avec elles de nouvelles pistes à venir.

Que ce soit l’évolution de Quaritch, ou bien la venue des Mangkwan qui bouscule totalement la vision que l’on pouvait se faire de ce peuple que l’on pensait unifié sur le plan idéologique et spirituel. Cette tribu rabat de nouvelles cartes, mais le récit ne se précipite pas vraiment pour les explorer. En venant faire la suite directe à la “Voie de l’Eau”, cet opus mets avant tout la famille Sully à rude épreuve, en miroir des événements apparus dans le volet précédent. Le souci ? C’est que tout cela se fait un peu grossièrement…

En appuyant encore davantage sur les défis de cette famille parfois dysfonctionnelle, le métrage semble un peu à bout de souffle sur cet arc narratif, et peine à venir faire bouger les lignes. Lo’ak, qui est pourtant le narrateur ici, va hélas aussi bien vite s’effacer, alors qu’il semblait destiné à prendre en corps, comme Varang. Mais ces deux personnages vont vite s’effacer au second plan. Un choix un peu regrettable, et qui se rajoute à une narration globale un peu chaotique… Notamment dans sa troisième partie, où le récit se pose et va venir faire du joli sur-place et se transforme en quasi best-of de ce qui a pu être déjà fait dans la saga.

De là, le film se retrouve n’être qu’une compilation bien familière de scènes déjà vues sur les deux précédents films, venant encore accentuer le sentiment de redite que ce nouveau volet dégage. Jusqu’à son climax, qui va reprendre le même cadre pour son affrontement final… Et on le regrette un peu !

Est-ce que La saga s’essouffle ?

Au final, “Avatar: de Feu et de Cendres”, reste un divertissement dantesque, visuellement et techniquement impeccable et qui saura régaler nos pupilles, et combler notre soif d’action. En faisant preuve d’une générosité, et mixant les environnements, les éléments et les techniques pour venir s’amuser au fil de scènes bien efficaces. On ne peut nier que James Cameron reste un excellent maître de sa technique, où l’exploration du monde Na’vi commence enfin à nous faire découvrir les travers de ce monde.

Mais si quelques idées nouvelles viennent pointer le bout de leurs nez, avec des voies spirituelles et philosophiques nouvelles. Il est dommage de voir que le récit les délaisse un peu vite, pour préférer ressasser encore un peu les mêmes arcs narratifs. La station humaine et ses colons ne sont plus que des grossières fonctions, ayant perdu le peu de substance qui pouvait rester…

Et le récit s’emmêle un peu, entre recyclage et surplace, il est clair que la narration est plus bancale que jamais ! Et la maîtrise technique ne peut pas suffire pour pallier encore les manquements d’écritures, encore plus flagrants cette fois ! Les limites de Pandora commencent à être clairement visibles, et les maladresses y sont aussi peut-être plus agaçantes par moments…

Est-ce que la saga a encore des choses à raconter ? Peut-être, mais il est temps de bien choisir les thématiques à explorer !

Note : 3 sur 5.

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