Cannes 2025 – Nos 10 coups de cœur de cette 78e édition !

Chaque édition du Festival de Cannes comporte son lot de surprises, de déceptions, et de coups de cœur. Que ce soit des films en Compétition Officielle, dans la sélection Un Certain Regard, ou encore à la Quinzaine des Cinéastes… La liste de longs-métrages présentés est immense, mais que faut-il retenir ? Uniquement le Palmarès ? Ou bien les autres découvertes qui aussi sur nous transporter, peu importe les récompenses. De notre côté, nous avons retenu 10 films que l’on vous recommande chaudement de découvrir lors de leurs sorties !

L’intérêt d’Adam – de Laura Wandel

Film d’ouverture pour la sélection de la Semaine de la Critique, il aura marqué les esprits, et ouvert les hostilités avec brio ! Porté par un duo magistral : Léa Drucker et Anamaria Vartolomei. Le deuxième long-métrage de Laura Wandel nous plaque contre le fauteuil de par sa puissance émotionnelle quasi-totale. En jouant de son faux naturalisme, ce film nous entraîne dans un service hospitalier en crise, où une mère, une infirmière et le corps médical vient apposer sa vision dans l’intérêt d’un enfant.

Dans ce récit de mères, « L’intérêt d’Adam » nous saisit par la précision de sa mise en scène, qui capte parfaitement la douleur d’une mère, l’empathie d’une autre, et la crise d’un hôpital public démuni. Sans jouer avec le pathos, le métrage nous entraîne dans cette nuit fatidique, où des vies basculent. Notre cœur n’en est pas resté indemne !

Le 1er octobre 2025 en salles | 1h13 | Drame | Avec Léa Drucker, Anamaria Vartolomei…

Sirat – de Oliver Laxe

Film récompensé au Palmarès 2025 : Prix du Jury

Apparu en tout début de festival, il s’agit du premier film qui a su mettre d’accord presque toute la croisette. Il s’agit peut-être aussi de la première proposition radicale en Compétition Officielle ! Comme si « Le Salaire de la Peur » venait faire un stop dans une rave party, le film vient faire exploser toutes nos attentes. Dans ce road-trip désertique, et aussi un peu halluciné, le métrage vient littéralement nous entraîner dans un voyage hors du réel. La mise en scène s’appuie sur un travail du son absolument fou, et nous fait manger du sable et de la sueur par paquets. Son récit nous emmène dans une société qui dépérit, et où les limites sont constamment repoussées, mais peut-être jusqu’à trouver le point de rupture ?

Les âmes sensibles, tenez vous bien, car ce métrage ne nous épargne pas. Mais comment lui en vouloir ? Tant une proposition comme celle-ci est si rare sur la Croisette ! Voilà donc un film aride, hypnotisant, et qui saura vous transporter dès que vous accepterez de monter à bord de ce voyage pour le moins décapant !

Le 3 septembre 2025 en salles | 2h00 | Drame | Avec Sergi Lopez, Brunon Núñez…

Météors – de Hubert Charuel

L’un des rares films de la sélection Un Certain Regard que nous avons pu découvrir, avec « Un Poeta« , un autre de nos coups de cœur ! Il s’agit du second long-métrage pour Hubert Charuel, et cela valait une attente de huit ans, tant ce film parvient à nous toucher. Porté par un Paul Kircher, toujours juste, et entouré de ses comparses, Idir Azougli et Salif Cissé, ce trio vient nous bouleverser dans ce récit de laisser pour compte, où les rêves s’entassent, mais la réalité les écrasent. Loin d’être misérabiliste sur ce récit de passage à l’âge adulte, et sur l’amitié de ce duo de jeunes qui tente de s’en sortir malgré la précarité et ses obstacles, le récit permet à chaque personnage de prendre la bonne ampleur, en oscillant entre comique et émotion, l’équilibre est ici bien trouvé.

Alors que le métrage se déroule dans ce que l’on appelle « la diagonale du vide », il est clair que le film d’Hubert Charuel ne nous laissera pas le cœur vide !

Le 8 octobre 2025 en salles | 1h50 | Drame | Avec Paul Kircher, Idir Azougli…

L’agent Secret – de Kleber Mendonça Filho

Film récompensé au Palmarès 2025 : Prix d’interprétation masculine et Prix de la mise en scène

Il était l’un des grands favoris pour le Palmarès, et il repart avec deux prix ! Et on ne peut pas s’en plaindre, tant le métrage brésilien nous a séduits. Que ce soit grâce au personnage interprété par Wagner Moura, nous plongeant dans un personnage au milieu d’une traque, ou encore grâce à une mise en scène calibrée de bout en bout, et infusée de codes cinématographiques en tout genre !

Ici, le film vient mélanger le passé et le présent pour mieux reconstituer l’époque de la dictature brésilienne. La traque vient rencontrer la volonté de documentation, et c’est un mariage qui fait mouche ! D’ailleurs, Kleber Mendonça Filho aime hybrider les genres, car ici, l’espionnage vient rencontrer les gimmicks des films des années 70, comme ses hommages très clairs au film « Les Dents de la Mer« , ou encore des scènes empruntant directement à l’artisanat kitsch très seventies ! C’est peut-être tout ce mélange qui fait de « L’Agent Secret » un film à découvrir absolument.

Le 14 janvier 2026 en salles | 2h40 | Policier, Drame | Avec Wagner Moura, Gabriel Leone…

La Petite Dernière – de Hafsia Herzi

Film récompensé au Palmarès 2025: Prix d’interprétation féminine

Pour son troisième long-métrage derrière la caméra, Hafsia Herzi parvient à nous toucher en plein cœur ! Avec ce récit de Coming of Age, le film nous plonge dans un parcours d’acceptation assez bouleversant et lumineux. En mettant cette romance dans un milieu où l’ouverture n’est pas encore d’actualité, aucun amalgame ni jugement n’est apposé, mais, au contraire, nous suivons une jeune femme qui se découvre et se complète. Ici, la mise en scène est délicate, et épouse parfaitement ce récit intime, en n’oubliant jamais de faire ressortir les émotions intérieures de son personnage principal.

Accompagné par la prestation lumineuse de Nadia Melliti, jeune actrice qui vient d’être propulsée avec ce premier rôle, le métrage nous saisit au travers de scènes simples, mais terriblement efficaces, où l’amour et la liberté viennent jaillir sans crier gare. Avec « La Petite Dernière« , Hafsia Herzi nous fait espérer de belles choses pour ses prochaines aventures de réalisatrice, et nous offre un très beau moment d’émotion.

Le 1 octobre 2025 en salles | 1h46 | Drame | Avec Nadia Melliti, Ji-Min Park, Louis Memmi…

Valeur Sentimentale – de Joachim Trier

Film récompensé au Palmarès 2025: Grand Prix

C’est le retour tant attendu de Joachim Trier, après son bouleversant « Julie en 12 Chapitres » ! Et ce nouveau long-métrage s’est révélé être une jolie bouffée d’air frais pour la Compétition Officielle. Ici, Trier vient explorer les liens familiaux et ses traumatismes, et les superposent au monde de l’art, et plus spécifiquement à celui du cinéma. De ce mariage, il en ressort un métrage touchant, notamment grâce aux interprétations de Renate Reinsve et de Stellan Skarsgard, mais aussi un projet à l’humour noir décapant.

Alors que les traumatismes des personnages transpirent sous plusieurs formes, jusqu’à se transposer sur l’image du foyer, le film s’appuie sur une mise en scène et un montage, toujours d’une précision redoutable, pour nous emporter dans ce drame familial. Assumant toujours ses inspirations à Bergman, le film nous séduit par sa charge émotionnelle, sans tomber dans l’excès. Rajoutons à cela des scènes particulièrement cocasse, notamment autour d’un joli cadeau cinéphile, et la recette du succès semble assurée !

Le 20 août 2025 en salles | 2h12 | Comédie dramatique | Avec Renate Reinsve, Stellan Skarsgard, Elle Fanning…

Les Aigles de la République – de Tarik Saleh

Le réalisateur Égyptien revient après son percutant « La Conspiration du Caire » et nous plonge à nouveau dans un thriller tenu, mais loin de la sphère spirituelle. Cette fois, le métrage nous entraîne dans les relations entre le milieu du cinéma et le pouvoir égyptien, en suivant notamment le parcours d’un grand acteur qui se retrouve dans le collimateur du gouvernement. Parti de ce postulat, c’est un pacte faustien vénéneux qui se déploie sous nos yeux, où les griffes du pouvoir se referment peu à peu sur les personnages. Si le métrage semble toutefois un petit cran en dessous de son précédent long-métrage, on ne peut nier l’efficacité redoutable de ce nouveau projet !

Tarik Saleh peut aussi compter sur son meilleur allié, l’acteur principal Fares Fares, qui campe impeccablement cet acteur qui signe ce pacte, constamment tiraillé. Embarqué dans ce rôle en or, l’acteur y livre une performance tout en nuances. À l’image du film, son jeu prend en ampleur au fur et à mesure, et les questionnements intérieurs nous crient au visage. Nous avons là un film remarquable, qui n’oublie pas de nous plonger dans l’angoisse d’un régime.

Le 22 ocotbre 2025 en salles | 2h09 | Drame, Thriller | Avec Fares Fares, Lyna Khoudri…

Sound of Falling – de Mascha Schilinski

Film récompensé au Palmarès 2025 : Prix du Jury

La tâche n’était pas simple pour la réalisatrice allemande, Mascha Schilinski, avec son deuxième long-métrage, elle a dû lancer les hostilités en étant la première à présenter son film en Compétition Officielle. Et quelle belle idée ! Car la proposition de la réalisatrice a su très rapidement séduire la croisette, et à raison. Dans cette grande fresque féminine qui traverse les époques, le métrage déploie un arsenal technique impressionnant, à tel point qu’il en devient vertigineux quand on se rappelle qu’il ne s’agit que d’un second film. Visuellement, le métrage fait preuve d’une maturité hallucinante, le tout enveloppé dans une photographie absolument sublime. Au fil des transitions, le film déploie une certaine fluidité, presque nouvelle, dans un dédale temporel qui pourtant peut dérouter.

Au final, le film nous enivre, en nous poussant à un lâcher prise pour mieux l’appréhender et pouvoir pleinement ce récit féminin, entre féminisme et funèbre, avec un casting absolument incroyable. Certains peuvent le surnommer le « Virgin Suicides » Allemand, et la comparaison hisse déjà Mascha Schilinski au rang des cinéastes à surveiller !

Prochainement en salles | 2h39 | Drame | Hanna Heckt, Lena Urzendowsky…

Un Simple Accident – de Jafar Panahi

Film récompensé au Palmarès 2025 : Palme d’Or

La Palme d’Or de Jafar Panahi est un véritable coup de poing politique, ne serait-ce que de par sa genèse, totalement clandestine car filmé en secret, sans financement, ni un mot du projet aux autorités iraniennes. Dans un engrenage vertigineux, ce qui apparaît comme un petit accident banal nous emmène vers un récit de vengeance et de solidarité dans les hauteurs de Téhéran. Au fil du récit, des figures résistantes viennent compléter le tableau : des victimes du régime des mollahs qui se réunissent dans le but d’identifier le bourreau supposé, devenant un juré de fortune, où la question de la justice et de leur humanité est en jeu. C’est un mélange de vérité, de douleurs et de reconstruction que Panahi nous offre, au détour de dialogues déchirants, et d’une mise en scène brute.

Dans un élan contestataire, Jafar Panahi livre un véritable uppercut contre le régime. Alors que le récit continue son chemin, enchaînant les péripéties et imprévus, la violence ne fait que prendre en force, avant d’exploser dans son ultime partie, opérant un véritable tour de force. Un film politique et nécessaire, qu’il faut absolument découvrir.

Le 10 septembre 2025 en salles | 1h41 | Drame | Avec Vahid Mobasheri, Maria Afshari, Ebrahim Azizi…

Résurrection – de Bi Gan

Film récompensé au Palmarès 2025 : Prix Spécial

Dans cette édition cannoise, il y a des propositions qui ont su se frayer un chemin dans cette sélection, et celle de Bi Gan en devient presque un petit miracle ! Dans cette œuvre de presque trois heures, le métrage rêve de cinéma, et nous fait rêver avec lui. Alors que ce métrage va fragmenter son récit en six histoires distinctes, chacune est infusée de poésie, de philosophie, d’onirisme, mais avant tout de cinéma, dans un sens presque virtuose. Le jeune réalisateur chinois se lance dans une ode poétique qui vient nous renverser dès les premières scènes, et qui continuera de nous émerveiller, en inondant l’écran d’idées de mise en scène (d’un plan-séquence de 40 minutes, à des superpositions d’idées et de références).

À chaque histoire sa période, son genre, et donc ses codes cinématographiques, et dans ce film-fleuve qui traverse le 20e siècle, il ne reste qu’un fil conducteur, c’est la magie procurée par le cinéma, qui opère en tout point ici. Et qu’il est rare de découvrir un film aussi audacieux dans un festival comme celui-ci, bien que le choix semblait risquer, tant la proposition est radicale de par son inventivité et son engagement à aboutir sa vision. De ce choc, on en ressort impressionné, mais aussi presque envoûte, par la maîtrise de ce film qui n’a pas peur de nous faire monter très hauts dans les sphères cinéphiles. « Résurrection » est un événement rare en festival, raison supplémentaire de vous le conseiller dès sa sortie !

Prochainement | 2h40 | Policier, Drame, Science Fiction | Jackson Yee, Shu Qi, Mark Chao

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