Mission Impossible : The Final Reckoning – Un dernier tour de piste peu digeste pour Tom Cruise

Synopsis : Après avoir échappé de justesse à une catastrophe ferroviaire, l’agent Ethan Hunt découvre que « L’Entité », une intelligence artificielle renégate, est dissimulée à bord d’un ancien sous-marin russe. Accompagné de son équipe de l’IMF, il doit localiser et neutraliser cette menace avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains.

AVIS GLOBAL

Note : 2 sur 5.

Alors que le film vient d’être présenté en Séance Spéciale pour cette 78e édition du Festival de Cannes, nous avons eu la chance de pouvoir le découvrir à cette occasion. Venant clore les aventures de notre super Ethan Hunt, aka Tom Cruise en homme surpuissant, faisant ses cascades, pilotant des avions… Bref, faisant tout ce qu’il faut pour défendre sa saga d’action ! Il était temps de retrouver notre super espion qui doit sauver le monde d’une menace mondiale sans précédent. Après sept opus, cette ultime aventure doit signer la fin de cette saga, en tout cas pour notre cher Ethan !

Avec ses presque trois heures affichées au compteur, est-ce que cette durée hallucinante pour un film du genre viendra combler nos attentes ? Ou bien est-ce la course-poursuite de trop pour notre Tom international ?

Hélas, la saga se conclut sur un opus fatigué – et fatigant – qui compile à lui seul, tout le sel des précédents volets, mais pas forcément pour le meilleur. Avec sa durée boursouflée, le métrage se perd dans une exposition bien laborieuse, accompagné par une mise en scène assez moribonde. Il ne reste que Tom Cruise, qui continue de nous prouver (et peut-être à lui aussi), qu’il peut continuer d’enchaîner les cascades toujours plus grandes. Le métrage se résume peut-être à cela au final, une énième exposition des capacités de l’acteur, au détriment d’une proposition divertissante, ou d’une conclusion satisfaisante.

Mission Impossible : The Final Reckoning | Paramount Pictures

Toujours plus long, pas toujours pour le bon ?

Une chose était certaine : la tâche de Christopher McQuarrie était rude. Le réalisateur devait apporter une conclusion à une saga d’action culte, avec une tête d’affiche qui peut transformer un tournage en enfer. Mais après déjà trois films pour le compte de cette saga, sa position semblait être assurée, parvenant à contenir le légendaire Tom Cruise (peut-être, car il n’impose pas sa vision), et venant donc refermer le livre Mission Impossible, avec une première partie « Mission Impossible : Dead Reckoning« , qui vient enfin être complétée, deux ans plus tard.

Mais alors, comment faire pour clôturer les aventures de cet espion immortel ? Il semblerait que la réponse se trouve tout d’abord dans une volonté de proposer au spectateur un récit qui s’est construit tout au long des sept, avec la tentative de les raccorder entre eux, où chaque volet n’était qu’une étape vers cette conclusion. Mais le premier souci survient dès cette intention dévoilée. Après tout, comment réussir à raccrocher sept films, qui ont été pensés comme des projets indépendants ? La réponse est hélas simple : avec difficulté ! Et ce n’est pas ce métrage qui nous prouvera le contraire, car sa première heure, bien trop bavarde, tente de donner de la cohérence, mais ne va créer que le chaos. Allant même jusqu’à convoquer une constellation de personnages, le métrage ne parvient jamais à les faire briller. Au bout du compte, ces personnages ne restent que des échos, des fonctions, avec une caractérisation presque aussi pauvre que leurs dialogues.

Mission Impossible : The Final Reckoning | Paramount Pictures

En empilant des flash-back sur-découpés, le métrage tente, en vain, de créer un grand puzzle, où chaque volet serait un morceau nécessaire pour découvrir l’aboutissement avec ce dernier chapitre. Le résultat, qui semblait déjà en peine sur la première partie, continue de s’écrouler ici, ne venant, au final, que rallonger inutilement ce long-métrage. Si l’intention, louable sur le papier, allait pouvoir donner à Ethan Hunt une conclusion satisfaisante, ici le film perd en rythme, et se confond dans une intrigue qui tente de venir faire un parallèle avec nos angoisses modernes, mais n’y parvient qu’à moitié, tant l’ensemble est emballé avec son lot de trous et facilités scénaristiques.

Une action qui s’essoufle malgré les prouesses ?

Mais si le récit peine à remplir sa mission, qu’en est-il de l’action ? Car il s’agit là du plus grand argument de cette saga après tout. Eh bien, si on ne peut nier que ce volet tente de ressembler à un best of de la saga, il est clair qu’il n’emprunte pas que le meilleur, et la réalisation de McQuarrie n’aide en rien cela. Dès son introduction, le métrage nous envoie toute sa dimension déceptive dès la première scène d’action, en apparence simple. Un combat, quelques armes et de la nervosité, une entrée en matière qui peut paraître simple, mais qui a le mérite d’être efficace, mais ici, le découpage annihile tout, efface toute impulsion nerveuse, étouffe la lisibilité des scènes. Il en résulte une introduction qui donnera le ton, car il faut oublier toute volonté de mise en scène ici, toute notion d’inventivité, pour ne rester qu’avec un enchaînement plat, où le montage chaotique se mêle à une réalisation paresseuse.

Mission Impossible : The Final Reckoning | Paramount Pictures

Pourtant, loin d’être avare en cascades, ces dernières peinent à nous procurer le plaisir espéré. Alors que le programme est plutôt bien rôdé maintenant, et le film enchaîne nouveautés et passages culte, le résultat est clairement en demi-teinte. Si on ne peut nier que Tom Cruise continue de donner de sa personne, et tente de se dépasser avec chaque film, il est clair que la saga, et peut-être aussi l’acteur, arrivent un peu en bout de course ! Dans ce nouvel opus, Cruise continue de défendre sa réputation de cascadeur, mais la scénographie ne lui donne pas le beau rôle. Bien vite, on se rend compte que la caméra de McQuarrie peine à insuffler un quelconque élan à son film, mis à part essayer de convoquer des métrages passés, mais sans jamais savoir comment les exploiter.

Dans sa globalité, la photographie terne, les mouvements de caméra aléatoires, et l’incapacité à sublimer la moindre cascade viennent donner au film une absence totale de saveur. Mais tout est-il à jeter ? Par forcément ! Car de l’idée, le film ne semble pas en manquer en théorie, ne serait-ce qu’en faisant faire des cabrioles sur un avion à son acteur principal, en le balançant dans tous les sens. En cela, l’essence de la saga est intacte, et le film contient tout de même quelques morceaux de bravoure qu’il faut lui accorder. Mais pour autant, alors que chaque opus parvenait tout de même à nous surprendre, ce dernier ne reproduit pas cet exploit. Certainement écrasé sous sa montagne de problèmes, le métrage ne parvient pas à transformer son action, mais la compile pour créer une bande démo pour Tom Cruise.

Mission Impossible : The Final Reckoning | Paramount Pictures

Au final, on fonce ? Ou on passe ?

Dans son ensemble « Mission Impossible : The Final Reckoning » vient plutôt décevoir dans cette conclusion tout de même poussive. Alors que cet opus devient le plus long de la saga, il est celui qui vient le moins nous emporter depuis plusieurs volets, que ce soit de par sa première partie trop bavarde, ou son récit boursouflé. Pour un chapitre final, nous sommes loin d’avoir une fin en apothéose, mais plutôt une fin de course qui manque cruellement de souffle. Mais en cela, nous ne pouvons pas reprocher à Tom Cruise de ne pas vouloir donner de sa personne, comme à chaque film. L’acteur se dépense, mais en voulant toujours repousser les limites, et prouver que l’acteur peut continuer à sauver le monde tout seul, car il peut tout faire, le métrage se casse un peu les dents sur l’autel du dieu Cruise.

Car cette fois, les cascades ne font pas toujours mouche… À l’image de son climax, où à vouloir trop en faire, le métrage devient clairement une démonstration de force, plutôt qu’un divertissement d’action. Si voir Tom Cruise faire des cascades sur un avion reste impressionnant, la mise en scène reste importante pour rappeler au spectateur que c’est bien un film que l’on regarde, pas à un hommage à des capacités individuelles. Et en cela, la réalisation de McQuarrie n’aide en rien, tant cette dernière est absente de ce projet. Ici, rien n’est fait pour tenter d’insuffler la moindre notion de mouvement, de tension, mais à la place, il ne reste qu’une mise en scène fainéante, couplé à un montage charcuté, qui rend la moindre action illisible.

Il est toujours regrettable de ne pas réussir à conclure une saga, mais cela l’est encore plus quand le terrain n’a pas été préparé au préalable, en cela, la saga « Mission Impossible » partait avec un malus, qu’il ne parviendra pas à effacer. Ici, les histoires sont raccordées de manière maladroite, et aboutissent sur une ultime conclusion en demi-teinte. Là où « Mourir peut Attendre » avait surpris par sa radicalité, en faisant clairement mourir son héros en plein champ, ici le son de cloche n’est pas le même.

Au final, cet opus rate un peu sa sortie, et n’aura pas su offrir une « fin » étincelante à notre cher espion. Est-ce que la saga reprendra un jour ? Peut-être bien. Est-ce que Tom Cruise reviendra ? Connaissant l’acteur, c’est tout à fait possible ! Mais d’ici là, il est clairement pour temps pour Ethan Hunt de faire une pause, car notre fatigue, et ce film nous épuise un peu.

En salles le 21 mai 2025 | 2h49 | Action, Espionnage

De Christopher McQuarrie | Par Christopher McQuarrie et Erik Jendresen

Avec Tom Cruise, Hayley Atwelle, Simon Pegg, Angela Bassett…

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