C’est bien connu, le Festival de Cannes aime bien regarder vers l’avenir, en mettant à l’honneur de nouveaux talents et ouvrant parfois des nouveaux horizons, mais profite aussi de ce moment pour rouvrir des fenêtres vers le passé. Eh bien, c’est un coup de chance, car le nouveau long-métrage de Richard Linklater, en Compétition Officielle, vient justement nous replonger dans la période de la Nouvelle Vague, illustrée par un film : »A Bout de Souffle« , de Jean-Luc Godard. Loin de vouloir faire un remake, le cinéaste s’attèle ici à reconstituer cette époque pour tenter de recréer et de nous livrer les coulisses de ce projet, en voulant adopter un style à la Godard. Mais alors que l’attente pouvait se mêler à la crainte, que vaut donc ce film, simplement intitulé « Nouvelle Vague » ? On vous donne notre avis à chaud !
Alors, ça parle de quoi ?
Jean-Luc Godard, critique pour la revue « Cahiers du Cinéma » commence à bouillonner ! Alors que ses camarades sont tous passés à la réalisation, lui est à la traîne. Alors il est temps de changer ça ! Jean-Luc, entouré de nombreuses figures va alors se lancer dans une aventure folle : celle de son premier tournage.

Et du coup, qu’est-ce qu’on en a pensé ?
Dès l’annonce de la sélection de « Nouvelle Vague » pour cette nouvelle édition, les interrogations se soulevaient autour de ce projet. Pourquoi Richard Linklater voudrait mettre en scène la genèse de ce film ? Que pourrait-il bien nous raconter ? Eh bien, malheureusement pas grand-chose. Le métrage se révèle n’être au final qu’un exercice de style, bien que plutôt réussi, assez insignifiant. À la sortie du visionnage, on se demande facilement quel a été le but de nous offrir ce métrage, et ce qu’il va apporter.
Dans cette constellation de figures du passé, qui sont ici convoquées pour n’être rien que des fantômes errant sur la pellicule, le spectateur suit donc un début de carrière connu de tous, dans un métrage formellement esthétique, mais très impersonnel. Avec son noir et blanc grainé, et sa photographie léchée, il est clair que le travail de reconstitution a été fait avec beaucoup de soin, dans le but de recréer une ambiance, de retrouver une atmosphère, mais n’y parviendra pas vraiment. L’exercice est louable, mais est-il essentiel au métrage ? Pour Linklater, oui ; pour le bien du film, pas forcément. Mais qu’importe, le travail pousse au respect, et les qualités visuelles du film restent à souligner, peu importe l’intérêt de ce qui est filmé. Mais est-ce que Linklater, en clamant ouvertement vouloir reprendre la « façon Godard », ne vient-il promouvoir comme méthode de travail, le copier-coller d’un réalisateur à un autre ? Un peu comme ce que faisait Godard au final, mais cette démarche pose question. Est-ce que le copiage assumé est une façon valide de faire du cinéma ?
Le questionnement est quasiment permanent ici. On se demande pourquoi les répliques sonnent aussi fausses, comme si elles étaient sorties d’un recueil de phrases toutes faites. De ce fait, cela n’aide pas la légion de personnages présents à l’écran à pouvoir réellement exister, mais au contraire, ces derniers ne semblent avoir été ressuscités que dans le but de faire un simple caméo, ou d’envoyer une simple réplique dans le vent. Donnant au métrage un air de musée d’un temps passé, mais étant incapable d’y donner un souffle de vie. Il est clair que « Nouvelle Vague » porte son intérêt sur son exercice, davantage que sur la démystification de son auteur.
Le 8 octobre 2025 en salles | 1h45 | Comédie
De Richard Linklater | Par Vince Palmo, Holly Gent Palmo
Avec Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin

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