La Compétition Officielle démarre, et les premiers films se dévoilent ! Et dans cette sélection cannoise, nous retrouvons notamment un certain Dominick Moll, réalisateur du film « La Nuit du 12« , qui avait largement impressionné. Son nouveau long-métrage, « Dossier 137« , est présenté en Compétition, avec Léa Drucker en tête d’affiche. Mais alors, est-ce que nous avons là un nouveau polar qui viendra nous coller au siège ? Ou bien est-ce un essai qui passe à côté de son enquête ? On vous donne notre avis à chaud !
Alors, ça parle de quoi ?
Nous suivons ici Stéphanie (Léa Drucker), inspectrice à l’IGPN, la police des polices. En plein cœur du mouvement des gilets jaunes, entre l’épuisement des forces de l’ordre et les civils blessés et esseulés, les dossiers de plaintes s’accumulent, jusqu’à l’apparition d’un cas. Un jeune homme blessé, une famille brisée, et Stéphanie doit démêler la vérité sur cette potentielle bavure policière. Mais comment mener l’enquête lorsque la fonction de policier n’inspire que méfiance ? Et quel combat Stéphanie parviendra-t-elle à mener ?

Et du coup, qu’est-ce qu’on en a pensé ?
Ce n’est pas chose aisée de présenter son film aussi tôt dans la compétition. La question de savoir si le métrage restera suffisamment dans les esprits alors que 9 jours sont encore devant nous ? Ne sera-t-il pas vite effacé ? Pour Dominick Moll, la question ne devrait pas trop se poser, tant ce « Dossier 137 » se révèle être véritable claque. Dans ce polar où l’exploration d’un système judiciaire moribond ne fait que nous exploser au visage, le film se révèle être d’une précision presque sans faille ! Ne tombant jamais dans l’amalgame, le récit parvient à constamment se recentrer, opérant un jeu d’équilibriste entre les différents points de vue.
Ici, le réalisateur revient une nouvelle fois en terre policière, alors que « La Nuit du 12 » nous plongeait dans la violence d’un féminicide, ici, nous entrons au cœur du chaos, dans des événements où les violences policières ont été légion. En s’appuyant sur cette enquête, le métrage se dévoile rapidement comme une investigation sur un système judiciaire où la notion de partialité et de justice semble de plus en plus floue, et les institutions dévient de plus en plus, broyant des vies, et meurtrissant les corps. C’est ici que la charge se fait, sur un système qui se radicalise, et face à cela des institutions impuissantes.

Alors que le sujet reste encore vif, Dominick Moll parvient à rester toujours sur le fil, ne perdant pas de vue le message qu’il souhaite porter, il n’oublie pas de rester toujours en équilibre entre les différents points de vue et les discours qu’il porte. L’émotion est puissante, les scènes viennent nous plaquer au sol, et Moll semble prendre son envol. Car ici, sa réalisation est presque chirurgicale, transformant chaque plan en une déflagration face à un système qui sombre, et qui plonge le spectateur dans un état intense. Dans ce thriller à la charge puissante, on y retrouve une Léa Drucker qui parvient à laisser transparaître toute la dualité de son personnage et son bouillonnement intérieur dans sa quête de justice, là où l’impunité règne.
Au final, Dominick Moll semble s’épanouir dans le thriller policier, et utilise ce genre pour mieux y insérer des propos sociaux, politiques. « Dossier 137 » n’y déroge pas, et l’exploit est réitéré. Avec ce film, la croisette cannoise nous offre une première grosse claque, et il se place déjà dans nos favoris pour le Palmarès !
Le 19 Novembre 2025 en salles | 1h55 | Policier
De Dominick Moll | Par Dominick Moll et Gilles Marchand
Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Dorothée Martinet…

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