Daffy et Porky sauvent le monde – Le duo le plus déjanté de l’animation explose enfin le grand écran

Synopsis : Enchaînant les gags et les catastrophes dont seuls les Toons sont capables, Daffy Duck, Porky Pig et une nouvelle venue prénommée Petunia Pig vont tenter de sauver le monde d’une terrible menace.

AVIS GLOBAL

Note : 3.5 sur 5.

Cela peut paraître étrange, mais en quasiment 100 ans d’existence, les Looney Tunes n’ont jamais eu de film entièrement en animation sortie au cinéma. Réaliser Daffy et Porky sauvent le monde était alors un défi de grande taille pour Peter Browngardt. Heureusement pour lui, avec ce canard et ce cochon, tout est possible.

Daffy et Porky sauvent le monde | Le Pacte

Vaut mieux être un cochon qu’un humain

Hormis Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Looney Tunes et prises de vues réelles ne font jamais bon ménage. Pete Browngardt en est conscient, et avec le début de Daffy et Porky sauvent le monde, le réalisateur fait un joli pied de nez à ces cohabitations compliquées.

Dès les premières secondes, un scientifique, seul espoir pour sauver la Terre, se fait posséder par un hôte. Nous ne pouvons pas faire plus clair que ça, et pourtant, c’est le cas. S’ensuit un générique traçant l’enfance de Daffy et Porky aux côtés de Jim le fermier. Tout ce passage possède un trait réaliste où détonnent les deux personnages cartoon, ce qui crée un décalage très drôle. Le plus intéressant ici est que cette séquence se termine sur le décès symbolique du fermier. En disant au revoir à ses enfants adoptifs, Jim prend un aspect cartoon. C’est symboliquement très fort, car même s’il les quitte, il n’a jamais été aussi proche d’eux, et ça l’est aussi pour le film, car en partant il emmène le réalisme avec lui.

Avec ce début, le métrage nous indique clairement ses intentions : faire un cartoon. Néanmoins, transposer des courts-métrages entre 4 et 8 minutes en film d’1h30 est plus facile à dire qu’à faire. À la fin des comptes, nous pouvons dire que c’est réussi. Daffy et Porky parviennent à tenir le film sur la longueur, et ce avec un rythme effréné. Il faut en revanche avouer que reste aussi longtemps avec un canard aussi déjanté est exténuant, mais nous n’avons jamais envie de l’étriper. Au moins, le film ne se dénature jamais et se tient à ce qu’il veut être : être un cartoon d’1h30.

Deux personnage intemporels

Avec Daffy et Porky sauvent le monde, Peter Browngardt poursuit ce qu’il a fait avec les Looney Tunes Cartoons tout en améliorant l’animation. Le film parvient donc à se détacher de ça, mais aussi d’autres séries animées Looney Tunes par le fait qu’il ne s’adapte pas à son époque, mais ne fait qu’un avec elle. Nous avons donc tout ce qui fait un bon cartoon de Warner Bros avec le contexte actuel.

Plusieurs éléments iconiques sont présents comme le spectateur qui se lève de la salle, le quatrième mur brisé, la musique… et ça marche. Le ménage s’éloigne aussi de la forme d’un cartoon classique par la réalisation. Bien que nous retrouvons certains codes visuels connus, l’image réussie à se renouveler en plongeant dans la science-fiction ou en marquant la séparation entre Daffy et Porky.

En parlant d’eux, ils sont les représentants de cette fusion entre l’ancien et le moderne. Même si leur relation a été modifiée, ils restent ceux de Bob Clampett. C’est un héritage totalement assumé par le film qui y fait référence, et encore une fois ça marche, Daffy et Porky montrant qu’ils sont intemporels. L’apogée de tout ça arrive lors du passage musical dans l’usine de chewing-gum. Le côté art déco mélangé à de l’animation moderne fait de cette séquence une des meilleures du film, et nous aurions même aimé en voir plus.

La seule erreur du métrage de ce côté-ci se trouve du côté de certaines blagues. Cela peut probablement venir du doublage français, toutefois les expressions autour du canard et du cochon sont répétitives, et ne fonctionnent presque jamais. Sans parler de quelques blagues vieillottes, le métrage peine à faire rire lorsqu’il force l’humour d’aujourd’hui. C’est le cas lorsque les personnages travaillent dans un café et avec un délire étrange autour du bubble tea.

L’œuvre est davantage marquante quand elle va au plus simple. L’explosion de Daffy après avoir mâché du chewing-gum, et la longue chute de Chewi en face de l’alien qui s’exaspère, sont les deux moments simples mais tellement efficaces. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sont les deux moments qui ont le plus fait rire la salle.

Daffy et Porky sauvent le monde | Le Pacte

Un retour aux classiques en demi-teinte

La rencontre entre l’ancien et le moderne se retrouve aussi, mais surtout, dans l’intrigue. Daffy et Porky sauvent le monde nous transporte en plein dans un film de science-fiction des années 1950/1960. Le film fait appel au Blob, à L’Invasion des profanateurs de sépultures, à La Nuit des morts-vivants, au Jour où la Terre s’arrêta… C’est en mélangeant toutes ces inspirations que le métrage crée sa propre saveur.

Le principal reproche à lui faire de ce côté-ci est que même s’il parvient à jouer avec ces codes, ou avec ceux des Looney Tunes, nous nous retrouvons avec un développement trop classique entre Daffy et Porky. Au vu de leurs caractères, nous savons pertinemment où cela va nous mener. C’est bien dommage car avec des personnages de cartoon, il est possible de ne pas se poser de limites, et là le métrage fait le choix de la facilité.

Copains comme cochons

L’histoire entre Daffy et Porky est avant tout celle de deux frères devant faire face au deuil et qui doivent grandir. Naturellement, le film va jouer sur ce qui sépare les deux, et le montre aussi bien par leurs caractères, que par leur environnement.

À partir d’une chambre scindée en deux, le film ne va faire que de les diviser jusqu’à ce qu’ils ne partagent plus l’écran ensemble. Cela est en partie dû à Petunia comme le montre un plan au diner où elle sépare les deux amis. Il est marrant de voir que par la suite ce sera Daffy qui s’immiscera entre les deux, montrant le changement de relation avec Porky.

Malgré ça, et comme dit souvent dans le film, ce n’est qu’en étant soudés qu’ils peuvent avancer. Toute la partie finale est dédiée à ça et, comme la plate-forme sur laquelle ils sont, ils forment les deux faces d’une même pièce. À l’instar d’un chewing-gum, une fois collés, ils ne peuvent plus se séparer.

Conclusion

Daffy, Porky et Peter Browngardt sont parvenus à faire ce qui n’a jamais été fait. Malgré le passage du temps, ce qui est drôle le restera toujours. Les Looney Tunes font partie de ces rares séries à l’être même en 2025. Cependant, pour que ce soit le cas, il ne faut pas de présence parasite. Pour le faire comprendre à Warner Bros, il faudra donc se déplacer en salle.

12 février 2025 en salle | 1h 37min | Aventure, animation, comédie, famille, science-fiction

De Peter Browngardt | Par Kevin Costello, Alex Kirwan

Avec Emmanuel Garijo, Eric Bauza, Michel Mella

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