Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim – Retour en Terre du Moyen

Synopsis : Ce nouveau chapitre, situé 183 ans avant la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX, explore l’histoire de la Maison de Helm Poing-de-Marteau, roi de Rohan. Face à l’attaque soudaine de Wulf, un seigneur vengeur et cruel, Helm et son peuple se barricadent dans la forteresse de Hornburg, rebaptisée Gouffre de Helm. Dans cette lutte désespérée, Héra, la fille de Helm, doit rassembler le courage nécessaire pour diriger la résistance contre un ennemi déterminé à détruire son peuple.

AVIS GLOBAL

Note : 2.5 sur 5.

Dans ses premières secondes, La Guerre des Rohirrim ravive instantanément les souvenirs du mythique thème d’Howard Shore, issu de Le Seigneur des Anneaux. Quelques accords suffisent à provoquer chez les amateurs de la saga un frisson nostalgique, une mélodie qui semble présager le ton du film à venir. Des notes qui finalement décrivent bien ce que proposera la suite du film. Beaucoup de nostalgie, sans jamais aller de l’avant.

Revenons un instant aux origines de ce projet. Alors que la trilogie du Hobbit souffle ses dix bougies et que Warner émerge d’une période tumultueuse post-Covid, David Zaslav, PDG du studio, annonce une offensive pour exploiter ses franchises les plus emblématiques et redresser les finances. Mais surtout, afin de conserver les droits de l’univers de Tolkien avant de lancer d’autres films dans les prochaines années.

La Terre du Milieu refait alors surface, une fois de plus, comme l’une de ces licences inépuisables. Et bien que les deux romans majeurs aient déjà connu leur adaptation, l’univers foisonnant de Tolkien demeure un terreau fertile pour de nouvelles explorations, comme le prouve la série d’Amazon (malgré sa médiocrité).

Le Seigneur des Anneaux – La Guerre des Rohirrim | Warner Bros

Épique, mais pas trop…

Quand La Guerre des Rohirrim est annoncé comme un film d’animation en 2D réalisé par Kenji Kamiyama, dans un style d’animation japonais, la curiosité prend d’abord le pas. Malgré un CV peu engageant, relancer cet univers sur grand écran dans un style visuel était l’occasion de sortir de la direction artistique de Jackson et de trouver sa propre voie.

L’usage des musiques de la trilogie originale est le premier aveu d’échec. En mettant directement en avant son affiliation aux anciens films, La Guerre des Rohirrim devient principalement un produit d’appel pour les vieux fans, avides de retourner dans le monde de Tolkien au cinéma comme il y a 20 ans…

Pourtant, La Guerre des Rohirrim n’est pas totalement dénué de qualité. Reprenant les scénaristes du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, le film propose une première partie riche en intrigues. Posant une base solide de jeux de pouvoir et de territoires au Rohan, le film tente de déjouer certaines attentes en offrant des personnages troubles. Le Roi Helm a beau être décrit comme un homme du peuple, son égo l’amène à déclencher la guerre envers le peuple sauvage mené par Wulf.

Le Seigneur des Anneaux – La Guerre des Rohirrim | Warner Bros

Le Gouffre de l’animation

La Guerre des Rohirrim est une pure tragédie mythologique, avec ces familles qui s’affrontent au prix du sang. Le film n’a pas peur d’aller vers un certain nihilisme, notamment dans la conclusion de sa première partie avec l’attaque d’Edoras, la cité principale du Rohan (apparaissant déjà dans la trilogie), la meilleure séquence du film.

Mais la plus grosse prise de risque du film, sa seule même, est de raconter cette histoire à travers le personnage d’Héra, fille du Roi Helm, miroir d’Eowyn. L’actrice Miranda Otto qui, prêtant sa voix à la narratrice, permet de tisser ce lien entre le destin de ces deux personnages de l’univers. Dans les récits de Tolkien, la fille de Helm ne possède même pas de prénom. En faire une protagoniste principale au milieu de tous ces hommes impétueux contrebalance tout en rappelant les personnages féminins forts de la saga.

Cependant, quelques éclats d’intelligence ne parviennent pas à masquer l’oliphant dans la pièce. Sur le plan technique, le film est d’une faiblesse accablante, voire franchement disgracieuse. Ce que les bandes-annonces laissaient redouter se confirme amèrement : l’animation est rudimentaire, les visages des personnages semblent figés, presque statiques, à tel point que l’émotion peine à transparaître à travers ces visages d’apparat.

Le Seigneur des Anneaux – La Guerre des Rohirrim | Warner Bros

La Nostalgie, pour les gouverner tous !

En raison d’une production précipitée, le film a été animé en seulement trois ans, là où six ou sept auraient été nécessaires, selon l’un des animateurs. Cette contrainte de temps pèse lourdement sur l’œuvre, qui, par instants, donne l’impression d’être restée inachevée.

Certains environnements en 3D se fondent aussi assez mal avec le design des personnages. On a plus l’impression de regarder une série d’animation Netflix moyenne gamme qu’un film de cinéma. Ainsi, La Guerre des Rohirrim s’apparente à une vaste mise en abyme de la nostalgie : un film qui, par son respect presque obséquieux de l’héritage, finit par en devenir prisonnier, peinant à se dégager des ombres des films qui l’ont précédé.

Le film a donc du mal à s’extirper de tous les pièges, pas aidé non plus par un découpage paresseux. Si quelques fulgurances pointent le bout de leur nez, comme une attaque dans la neige ou bien la montée en tension de l’affrontement final au son des tambours et du tonnerre, La Guerre des Rohirrim peine à embrasser pleinement les possibilités offertes par le médium de l’animation. 

L’animation permet justement de s’affranchir de certaines limites du live-action. Peter Jackson l’avait bien compris avec le 3e volet du Hobbit, un quasi-film d’animation absolument jouissif dans sa version longue. Le cinéaste japonais se contente d’être pragmatique, de rester ancré dans une retranscription classique. Le souffle épique de cette histoire peine à se déployer dans toute sa grandeur.

Conclusion

Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim n’est pas, à proprement parler, un mauvais film. Certes, son animation quelque peu désuète et son recours parfois excessif au fan-service alourdissent l’ensemble, mais il reste porté par un souffle mythologique qui mérite l’attention des fervents admirateurs de l’univers de Tolkien. 

Hélas, le film semble prisonnier de ses glorieux aînés, englué dans la volonté manifeste du studio de capitaliser sur la nostalgie d’un public acquis d’avance. Par sa production accélérée, La Guerre des Rohirrim est un appel à l’aventure manquée, pas désagréable, mais totalement inoffensif. Cette fois, le Rohan n’a pas répondu à l’appel… 

11 Décembre 2024 en salle | 2h14 | Animation, Aventure, Fantastique

De Kenji Kamiyama | Avec les voix de Brian Cox, Gaia Wise et Miranda Otto

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