Marmaille : Thomas, un adolescent réunionnais de 15 ans, n’aspire qu’à remporter un concours de breakdance et partir pour la métropole. Mais quand sa mère le met brutalement à la rue ainsi que sa sœur Audrey, leur monde s’effondre. Placés chez leur père inconnu et livrés à eux-mêmes, ils doivent surmonter l’abandon et se reconstruire.
AVIS GLOBAL
Dans Marmaille, premier long-métrage de Grégory Lucilly, l’abandon parental devient le point de départ d’une histoire poignante et universelle. Placés chez un père qu’ils ne connaissent pas, Audrey et Thomas doivent affronter une situation déchirante : leur mère les a rejetés, sans explications, les laissant seuls face à un monde où ils doivent se reconstruire. Si leur point de départ est commun, leur trajectoire, elle, diverge totalement.
Audrey, jeune mère célibataire de 17 ans, fait preuve d’une force admirable. Sa volonté farouche de devenir indépendante et de protéger son bébé incarne l’état d’esprit réunionnais résumé par le leitmotiv : « Tienbo larg pa » (« tiens bon, ne lâche rien »). Audrey est une source d’inspiration, transformant l’adversité en moteur de résilience. Elle se bâtit une vie loin de l’échec qui semblait lui être promis, portant sur ses épaules non seulement son propre avenir, mais aussi celui de son fils et de son jeune frère.
Thomas, en revanche, est consumé par une rage viscérale. L’abandon de sa mère est une blessure qu’il ne parvient pas à refermer. Sa colère s’exprime dans ses relations chaotiques et ses échecs personnels, mais trouve une échappatoire dans la danse. Pour lui, le breakdance n’est pas seulement une passion : c’est un défouloir frénétique, une façon de transformer son tourment en création. Ces séquences dansées, chorégraphiées par Amalia Salle, captent toute l’énergie brute de Thomas, oscillant entre agressivité et recherche de rédemption.
En toile de fond, l’île de La Réunion joue un rôle central. Ses paysages contrastés — entre le vert des forêts et le bleu intense de l’océan — résonnent avec la tempête intérieure des protagonistes. Grégory Lucilly capture à merveille ce métissage culturel et ce caractère fougueux qui caractérisent l’île, tout en évitant les clichés. Le créole réunionnais, omniprésent dans les dialogues, ajoute une authenticité poignante.
4 décembre 2024 en salle | 1h 32min | Drame
De Grégory Lucilly | Avec Maxime Calicharane, Brillana Domitile Clain, Vincent Vermignon

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