Synopsis : Colin, 14 ans, fait son entrée dans un nouveau collège et il flippe : comment s’en sortir quand, comme lui, on est bègue ? Sa rencontre avec Monsieur Devarseau va le pousser à affronter ses peurs et sortir de son isolement. Maintenant Colin a une bande de copains et un projet : monter sur scène pour jouer Cyrano devant toute l’école.
AVIS GLOBAL
Certains films sont uniquement réservés à une certaine tranche d’âge. Une fois celle-ci passée, la magie n’opère plus, et le spectateur ne voit que les défauts et s’ennuie énormément. C’est très certainement le cas pour ce Panache qui en manque beaucoup malgré une certaine importance pour le public visé.
Un film éducatif
Commençons donc par l’importance d’un tel film pour les 10-12 ans. En effet, le film se passe dans un collège catholique dans la ville de Clermont-Ferrand. Qui dit établissement catholique, dit bien sûr règles très strictes et fermeture d’esprit. Même si le collège présenté est bien plus sympathique que dans la vraie vie, il n’en reste pas moins le parfait endroit pour pouvoir transgresser les règles et pouvoir développer un message de tolérance et d’égalité.
Cette tolérance que tente d’inculquer le long-métrage est évidemment primordiale, en particulier pour la jeune génération. Ainsi, dans cet atelier théâtre, on retrouve ce qui faisait le glee club de la série de Ryan Murphy.
Élèves de couleurs se questionnant sur leur genre, orientation sexuelle ou encore sur leurs propres relations aux autres et aux handicaps, on trouve tout et c’est très bien. Malheureusement, on ne se concentrera que sur notre héros, bègue, sur la jolie fille dont il est amoureux et son meilleur ami qui fait face à l’homophobie de son père. Les autres, qui auraient pu être un peu plus développés, ne sont que des figurants ayant quelques lignes de dialogue.
Cependant, les personnages développés le sont plutôt bien. Les problèmes de dictions du personnage principal (interprété par un véritable acteur bègue) sont très peu représentés au cinéma, en tout cas dans un cadre sérieux. C’est donc avec tous les honneurs que le film met en avant la vie des personnes qui en sont atteintes.
Le personnage de Maxence, quant à lui, est malheureusement en demi-teinte. S’il trouve une véritable justesse en deuxième partie de film, la première le rend assez caricatural. Il semble seulement ici pour qu’il puisse y avoir un gag prévisible et vraiment gênant.
Le film n’est évidemment pas un exemple de subtilité d’écriture. On lui pardonne en revanche rapidement ce défaut au vu de la représentation qu’il offre à certaines personnes.
Sage-Homme
Malheureusement, Le Panache ne peut que souffrir de la comparaison avec le précédent film de sa metteuse en scène : Sage-Homme (2023). Ce dernier était un véritable exemple d’une excellente comédie dramatique, rafraîchissante et qui brisait les codes. Le public visé n’était pas le même, mais l’énorme grand écart entre les deux films est tellement évident qu’on ne peut pas l’ignorer.
Le Panache passe tout son temps à perpétuer le cliché du provincial qui hait le Parisien et qui fait constamment des réflexions sur sa présence à la campagne. Il essaie de faire passer cela pour un running-gag uniquement présent dans le collège (parce qu’ils sont catholiques, d’une manière ou d’une autre, il doit avoir un rapport ?), mais cela est étendu implicitement à toute la population « rurale ». C’est assez agaçant et c’est plus gênant que drôle au bout du troisième gag. Il faut aussi noter que le film fait passer les provinciaux pour des pieux d’une manière très négative.
Ajoutons à cela le fait que le film est souvent très mal mis en scène, en particulier dans sa photographie, qui, à l’exception de scènes ou le groupe se retrouve à la montagne, nous offre de splendides contre-jours (c’est ironique).

Côté casting
Les enfants ne se débrouillent pas trop mal. Évidemment, ils sont encore jeunes et leur jeu ne manque pas de quelques fausses notes, mais dans l’ensemble ils sont très attachants et vraiment investis. Rares sont les gens qui arrivent à faire la poule, mais ces enfants l’ont fait à la perfection. Plus sérieusement, ils sont prometteurs et certains sont à surveiller, en particuliers Joachim Arseguel et Tom Meusnier.
Ce sont certains adultes qui dénotent dans ce film. L’actrice jouant la professeure de la classe mitoyenne à celle de l’atelier théâtre, uniquement présente pour être une blague, surjoue sans raison la seule phrase qu’elle doit dire. Claire Dumas ne convainc pas complètement dans son rôle de professeure de catéchisme.
José Garcia et Aure Atika sont convaincants dans des rôles très clichés et finalement peu passionnants. Mais la vraie star du film, celle qui rayonne autant qu’elle fait rire, c’est Vittoria Scognamiglio dans le rôle de « La Nonnina ». Cette femme est hilarante à chaque phrase qu’elle prononce, elle est exceptionnelle. Charisme, tempo comique, elle vole la vedette à tout le monde dès qu’elle apparaît à l’écran. Vraiment, La Nonnina est LE vrai point fort du long métrage.
En conclusion
S’il conviendra parfaitement à de jeunes collégiens et élèves en école primaire, Le Panache n’atteint pas la virtuosité du précédent film de sa réalisatrice. Le film n’est ni vraiment réussi ni vraiment raté, il est seulement très oubliable. Beaucoup trop de clichés et pas assez de subtilité font que le film n’est jamais convaincant, et parfois très gênant. Regardez le avec vos enfants, frères et sœurs, mais ne vous attendez pas à passer un merveilleux petit moment.
20 novembre 2024 au cinéma | 1h33m | Comédie dramatique
De Jennifer Devoldère | Par Jennifer Devoldère
Avec Joachim Arseguel, José Garcia, Aure Atika
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