Le Robot Sauvage – Dans la forêt, personne ne vous entendra pleurer…

Synopsis : Le Robot Sauvage suit l’incroyable épopée d’un robot – l’unité ROZZUM 7134 alias “Roz” – qui après avoir fait naufrage sur une île déserte doit apprendre à s’adapter à un environnement hostile en nouant petit à petit des relations avec les animaux de l’île. Elle finit par adopter le petit d’une oie, un oison, qui se retrouve orphelin.

AVIS GLOBAL

Note : 4 sur 5.

Au pays des gros studios d’animation américains, DreamWorks a réussi à se faire une place de choix dans les années 2000. Le seul gros concurrent à Disney et Pixar a plusieurs fois fait le hold-up avec des films à succès comme Shrek, Dragons, Kung-Fu Panda ou Madagascar. Des franchises créées de toutes pièces qui ont su marquer une époque avec de vraies propositions.

En revanche, toutes les belles histoires peuvent virer au cauchemar. Entre le rachat de la maison mère Universal, une restriction de budget et une restructuration du studio qui a vu sa masse salariale grandement diminuer, DreamWorks a dû freiner dans ses ambitions, proposant des films à peine vus, oubliables et peu rentables. Heureusement, tout n’est pas perdu. Après l’encourageant petit succès de Les Bad Guys, DreamWorks est revenu en forme avec Le Chat Potté 2. Nouvelle direction artistique et une narration efficace comme on en voyait plus, l’horizon semble s’éclaircir pour le studio.

Le Robot Sauvage | Universal Pictures

L’Appel de la Forêt

Quand débarque le dernier bébé, Le Robot Sauvage, les espoirs sont grands, surtout après des premières images chatoyantes et prometteuses. Évitons le faux suspense, Le Robot Sauvage est une grande réussite, à ranger dans les meilleurs films de cette année.

Adapté d’un roman jeunesse, Le Robot Sauvage est un pur conte qui n’esquive jamais sa noirceur, sa première grande réussite. À l’aube des films mettant en scène des animaux, rares sont ceux qui se risquent à dépeindre une société animale “réaliste” malgré l’usage de la parole. Comment peuvent cohabiter les proies et les prédateurs ? Question que Le Robot Sauvage n’élude pas. Dans cette forêt il n’est pas rare de voir des animaux se battre, se manger entre eux.

Cette noirceur, cette violence n’est jamais cachée pour mieux rendre cet univers palpable et cohérent. Il renforce également un univers aussi beau que dangereux. Et beau, le film l’est. Utilisant une direction artistique à mi-chemin entre Miyazaki et Zelda : Breath of the Wild, le robot Roz possède un design très proche des robots du Château dans le ciel. Le Robot Sauvage recèle de petits trésors d’animation, avec un travail sur les couleurs, les textures et les mouvements qui rendent le film unique, à l’ambiance magique et intrigante où chaque plan devient un véritable tableau impressionniste.

Le Robot Sauvage | Universal Pictures

Beau à en pleurer…

Le Robot Sauvage n’est pas qu’une démonstration technique vide. La narration, efficacement découpée, est d’une belle finesse pendant une grande partie du film. Si la structure en elle-même et les péripéties ont un sentiment de déjà-vu, le film a la beauté de laisser son récit respirer, de prendre le temps de connaître et d’apprécier cette ribambelle de personnages, tous plus attachants les uns que les autres.

Le cœur du film réside dans cette relation entre le robot Roz, qui va devoir apprendre à s’émanciper de ses créateurs et sa fonction première pour devenir une mère, une amie, une gardienne de la forêt et de Jolie-Bec, une oie différente qui doit trouver sa place dans cette nature qui lui est hostile. Le film n’étant pas avare en bons sentiments, l’émotion intervient assez vite dans un premier climax déchirant, d’une grande beauté qui brisera le cœur des plus opaques d’entre vous.

Cette magnifique séquence devient presque un poids pour le long-métrage. N’arrivant jamais à atteindre cette émotion, le film va vite se répéter, rabâchant un brin les discours sur les grands sentiments, le vivre ensemble et l’amour qu’il perd en puissance et en simplicité. L’ultime affrontement, bien que techniquement toujours impressionnant, tombe dans les travers du cinéma de divertissement. C’est bien son seul gros défaut qui empêche Le Robot Sauvage de devenir un classique instantané.

Conclusion

Le Robot Sauvage est une franche réussite. Aussi beau qu’émouvant, le film continue de ramener DreamWorks sur le devant de la scène du cinéma d’animation. Un travail d’orfèvre au service d’un film épuré, mais riche thématiquement. Un vrai beau film familial qui ne prend pas les enfants pour des idiots et divertira les plus grands.

9 Octobre en salle | 1h42 | Aventure, Animation

De Chris Sanders

Avec (en VO) Lupita Nyong’o, Pedro Pascal & Kit Connor

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