Alien: Romulus : Alors qu’il entreprend des fouilles dans une station spatiale abandonnée, un groupe de jeunes voyageurs se retrouve confronté à la forme de vie la plus terrifiante de l’univers…
AVIS GLOBAL
Alors que l’univers de la saga fascine depuis des années, faisant de ses deux premiers opus des monuments du cinéma, on peut également s’accorder que cette saga s’est rapidement essoufflée au fil des films ! Alors que les tentatives de Ridley Scott de reprendre la mythologie en main auront suscité bien des débats. C’est ce combo de préquels douteux, et d’un rachat par Disney, qui met un gros coup de frein aux développements de nouveaux films. Mais tout d’un coup, une nouvelle annonce vient relancer la machine, et c’est là que notre film voit le jour !
Avec Fede Alvarez à la barre, connu pour son remake bien gore d’Evil Dead, ce nouveau film prend place entre les deux premiers films de la saga. Un choix mesuré, avec une note d’intention claire, apporter un renouveau dans la saga, sans venir bousculer la mythologie à nouveau. Est-ce que ce nouvel opus est un nouveau départ efficace ? Ou une nouvelle preuve que cette saga n’a plus grand-chose à offrir ?
Avec Alien : Romulus, Fede Alvarez parvient à créer la surprise avec cet opus d’une efficacité redoutable. En venant rendre hommage aux premiers volets de la sage, le métrage mélange références et renouveau ! Le xénomorphe retrouve une iconisation digne de ce nom, le nouveau cast fait mouche, et le film nous entraîne dans un ensemble aussi sublime que terrifiant !

Aliens iconiques, idées novatrices… Un vent frais nécessaire ?
Au fil du métrage, on observe que le film prend une formule qui fonctionne : reprendre des codes et y mettre des hommages aux films précédents, et insuffler de la nouveauté ici et là. En faisant le lien entre les deux premiers films, cet opus en reprend une partie des codes. Dans une introduction qui fait un joli clin d’œil à la fin du premier volet, avec une découverte aussi terrifiante que jouissive, on ne peut que se réjouir d’une chose : notre xénomorphe retrouve ici toute sa puissance visuelle !
Ici, la célèbre créature retrouve une véritable force à l’écran, en mélangeant animatronique et numérique, le métrage nous octroie des scènes aussi dérangeantes que géniales. En partant des facehuggers, particulièrement bien mis à l’honneur ici, à la représentation très sexuelle de la bête… Tout y passe !
Et c’est un menu complet qui vient nous rassasier à vrai dire ! Car on se plaît aussi à observer les clins d’œil aux précédents parsemés ici et là. Que ce soit en faisant une passerelle entre les deux premiers films, lorgnant tantôt vers l’horreur spatiale, où le vaisseau peut dévorer ses victimes, vers un déferlement d’actions plus musclé. Au fil du récit, ce nouvel opus vient faire le lien avec quasiment tous les films de la saga, de la puissance bestiale des premiers films, à l’exploration des mutations de cette forme de vie « parfaite ».

Mais avant tout, Alvarez vient apporter sa propre touche à cette saga, en nous livrant un opus bien méchant, où l’horreur se dégage de l’atmosphère du film, comme de la violence de certaines scènes, où les torses explosent, les fécondations sont viscérales… On y retrouve une sensation de menace quasi-permanente, tant de par la présence du xénomorphe, comme des facehuggers… Mais également un vrai sens de l’horreur, où les héros sont gentiment trucidés un par un. C’est la générosité qui prime ici, et qui fait du bien dans une saga qui commençait à tourner en rond.
Un récit qui apporte du neuf, mais qui trébuche parfois
Et dans tout ce joli massacre, où la survie se heurte à toutes sortes d’épreuves, des aliens à l’hubris de l’humanité. Car dans ce film, si l’alien à la part belle, le récit se plaît à explorer d’autres arcs narratifs. Comme par exemple la motivation de Weyland-Yutani à vouloir exploiter cette satanée bestiole, pourtant si mortelle. Il n’est pas question d’armes, mais de survie et d’évolution. On nous expose assez rapidement le problème majeur, celui de l’évolution humaine, trop lente, peu efficace.
Et cette sensation de fin d’une ère, le film en déborde, que ce soit dans l’utilisation de ce style rétrofuturiste, très présent dans les premiers volets, puis qui se sera un peu perdu en cours de route. Loin d’être un simple élan nostalgique, mais davantage un ancrage artistique qui montre à quel point la conquête spatiale semble précaire, tel un purgatoire pour l’humanité qui tente de survivre, en vain.

Une relecture plus sombre, où l’ironie fait partie de l’horreur du film. L’ennemi n’est pas tant le xénomorphe que notre propre hubris, où les conséquences quasi-mythologiques de notre orgueil, ne font que nous pendre au nez. En revanche, si tout ce penchant donne une belle substance au film, son récit n’est pas exempt de défauts. Car on pourrait tout d’abord regretter un manque de construction autour de la personnalité de sa nouvelle bande de héros, qui fonctionne très bien dans une dynamique collective, mais qui perd en saveur lorsque les personnages sont isolés.
Si notre héroïne principale parvient à nous encrer dans son aventure, Cailee Spaeny venant une nouvelle fois nous montrer qu’il faut surveiller sa montée en puissance, le reste du cast reste convaincant, sans pourtant nous marquer.
Quant au déroulement du scénario, sa deuxième partie, un peu plus fragile, et peut-être trop parasitée par ses références, peine à nous emporter avec la même fougue. Enchaînant parfois les facilités scénaristiques, les recopies un peu tièdes, mais peut-être émanant davantage d’un cahier des charges, et ne venant pas gâcher notre plaisir outre mesure.
Au final, on fonce ? Ou on passe ?
Alien : Romulus est l’opus que l’on attendait depuis longtemps, un opus efficace et de qualité ! Fede Alvarez s’amuse comme un petit fou à nous plonger dans un enfer cosmique, et pour nous livrer un festin horrifique. Fourmillant de scènes et d’idées assez solides, comme une course contre la montre, et des anneaux aussi terrifiants que sublimes, ou encore une scène de survie à échapper au sang acide des aliens… C’est une compilation d’idées neuves efficaces, et d’hommages bien pensés.

Alors que le récit, sombre à souhait, nous montre une jeunesse exploitée jusqu’à la mort dans une quête de conquête mortifère, leurs rêves de s’échapper vire au cauchemar. L’ensemble du récit nous emporte dans ce récit où la tension se mêle au sang, aux agressions vicieuses des facehuggers, et à des retrouvailles terrifiantes avec notre bien-aimé xénomorphe. Loin des essais plus pompeux de Ridley Scott, Alvarez nous livre une copie qui fait mouche : S’inspirer des meilleurs codes des différents opus de la saga, et y apporter un twist plus méchant en sublimant la mythologie de la saga. Un véritable festin horrifique, et un retour efficace pour notre alien !
Le 14 août 2024 en salles | 1h59 | Epouvante-Horreur, Science-fiction
De Fede Alavarez | Par Fede Alavarez et Rodolfo Sayagues
Avec Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux
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