Deadpool & Wolverine – Un film faussement subversif, mais définitivement inoffensif

Deadpool & Wolverine : Après avoir échoué à rejoindre l’équipe des Avengers, Wade Wilson passe d’un petit boulot à un autre sans vraiment trouver sa voie. Jusqu’au jour où un haut gradé du Tribunal des Variations Anachroniques lui propose une mission digne de lui… à condition de voir son monde et tous ceux qu’il aime être anéantis. Refusant catégoriquement, Wade endosse de nouveau le costume de Deadpool et tente de convaincre Wolverine de l’aider à sauver son univers…

AVIS GLOBAL

Note : 2.5 sur 5.

C’est officiel : Deadpool passe sous la bannière du MCU (Marvel Cinematic Universe). Pour fêter ça, il retrouve un vieux copain. Après une bataille de droits et le rachat de la Fox par Disney, le mercenaire revient pour faire du grabuge dans un Marvel mal en point depuis son Avengers Endgame. Mais comment célébrer l’arrivée de ce héros qui brise le quatrième mur, tout en marquant la fin de l’exploitation des licences Marvel par la Fox ? Eh bien, en invitant un super-héros ultra célèbre et décédé (ou presque)… Non, pas Iron Man, mais bien Wolverine ! Mais cette grande réunion est-elle à la hauteur de nos attentes, marquant un nouveau départ pour la franchise ? Ou bien s’agit-il d’un énième opus qui ne fait que confirmer la déchéance, déjà bien entamée, du MCU ?

Deadpool & Wolverine est un troisième opus dans la lignée du précédent, relativement oubliable. Alors que le sale gosse débarque chez Disney pour s’amuser de leur côté trop sage et de leurs récents échecs, on se demande assez rapidement ce que le film propose face à ce constat. Bien que la rencontre entre ces deux titans semble être un véritable événement, et que le retour de Hugh Jackman nous réjouisse, le film, dans son ensemble, s’enfonce dans un tourbillon de déconvenues. Et si certains instants parviennent à nous faire plaisir, l’ensemble peine à nous convaincre…

Marvel est mort… Un peu comme le récit du film ?

Mais alors qu’est-ce qui se passe ici ? Eh bien c’est relativement simple, pas grand chose ! Car si le film se conserve ce ton très mal-aimable, marque de fabrique de Deadpool, et qui donne quelques scènes assez réjouissantes, notre enthousiasme va s’essouffler pour laisser place à une petite déception teintée de confusion.

Assez rapidement, le métrage va mettre de côté ses enjeux pour se livrer à une critique méta de l’état du MCU actuellement, et peut-être même d’un pan de l’industrie hollywoodienne. Cet aspect porte un intérêt certain, venant nous faire sourire quand notre mercenaire assène des petites piques bien senties face à son nouveau boss, Disney, et ses choix, parfois douteux, sur la gestion de ses franchises.

Nos personnages tentent de s’accrocher pour un dernier rodéo, dans une bataille de droits, où les rachats mettent un termes à des projets, et des sagas entières disparaissent sans crier gare.

Deadpool & Wolverine | Walt Disney Studios

Dans ce récit, Deadpool brise encore davantage le quatrième mur pour nous rappeler sans cesse que le MCU tourne en rond et se recroqueville sur lui-même. Au milieu d’un flot de caméos et de fan-service, il offre finalement un ultime instant de gloire aux figures oubliées des films du studio Fox.

C’est là que se profile le véritable but du film : offrir une chance de créer un « héritage » pour des projets que beaucoup ont oubliés dans cette bataille des franchises, ou pour d’autres, avortés. Mais une fois tout cela dit, que reste-t-il à voir ? Une aventure qui peine à développer ses personnages, en particulier son antagoniste, Cassandra Nova, qui restera un potentiel inexploité. Le tout est empêtré dans un scénario plutôt confus, enchaînant les rebondissements mécaniques, les conclusions décevantes et les longueurs inutiles…

Bref, le film ne parvient pas à éviter les défauts narratifs des films du MCU, jusqu’à en être presque conscient, comme impuissant face à ce constat d’échec. La recette n’est pas bonne ? Oui c’est vrai, mais pourquoi la changer ?

Un duo plaisant, dans un film impersonnel mais parfois réjouissant !

Mais si le scénario peine tout de même à convaincre, peut-être que le film va se rattraper sur son action et l’aventure visuelle qu’il nous propose. Eh bien, un peu comme pour le scénario, le film tape à côté, malgré des scènes plutôt réussies. Dans son ensemble, le film souffre d’un manque cruel de vision artistique et d’une mise en scène aussi fade qu’impersonnelle.

On se heurte à des décors d’un vide abyssal, où un désert grisâtre se mêle à quatre décors, et où la caméra, comme la photographie, ne parviennent pas à relever le niveau. Que ce soit dans un combat désertique, où la pauvreté des décors se heurte à la paresse de la mise en scène, les références à l’univers de Mad Max ne suffisent pas à sauver cette scène.

Deadpool & Wolverine | Walt Disney Studios

Le grand final n’y changera rien, lui qui n’aura pas grand-chose de spectaculaire pour un résultat dépréciatif. Car, si l’on oublie que le combat final se cantonne à une petite rue et une vieille station de métro, nous rappelant le peu d’inventivité du film, on ne pourra pas pardonner au métrage son nouveau manque de personnalité visuelle. C’est en nous baladant dans un travelling horizontal horriblement inefficace que nos héros affrontent une horde d’ennemis avec une facilité presque ridicule. Ici, presque aucune menace ne se fait ressentir, aucune tension. Pour un climax, c’est un comble…

Heureusement, tout n’est pas perdu, car le métrage parvient tout de même à nous faire plaisir quand il retrouve un peu de malice ! Et ce côté sale-gosse assez plaisant, on le retrouve dès l’introduction, avec certainement la meilleure scène du film : Deadpool décime ses ennemis à l’aide d’armes un poil morbides. Avec cette scène méchamment morbide et assez jubilatoire, le film commence fort et promet un divertissement mordant. De même, cette scène de combat dans une jolie petite voiture séduit par son montage efficace et ses bonnes idées bien assemblées.

Ainsi, tout ne semble pas perdu pour notre duo, qui bénéficie d’une assez bonne alchimie et où notre mutant préféré a droit à de beaux moments, pour notre plus grand plaisir !

Au final, on fonce ? Ou on passe ?

Dans sa globalité, Deadpool & Wolverine déçoit tout de même. Si l’on prend plaisir à suivre cette réunion mythique de héros, le récit ne parvient pas à sortir du carcan maudit de la narration bancale. Il ne reste que les joutes verbales méta et caustiques de Ryan Reynolds, ainsi que le charisme de Hugh Jackman, pour nous tenir en haleine.

Le reste se contente d’empiler vainement les caméos et le fan service, au détriment de la construction des personnages et d’une intrigue un tant soit peu cohérente. C’est dans ce mélange bien tiède qu’on se retrouve embêté à devoir extirper le bon du mauvais. Et la balance est presque à l’équilibre entre les deux, pour un film qu’on risque d’oublier bien vite…

C’est bien là le plus frustrant : voir de bonnes idées jaillir dans un métrage criblé de défauts. Ce film peut s’ajouter à cette liste ! Car l’ensemble est bourré de bonnes idées, de scènes qui font mouche, d’une critique assez grinçante qui fait plaisir… Mais est-ce que le film offre autre chose ? Pas vraiment ! Il se vautre dans les mêmes défauts qu’il pointe du doigt, reprend les mêmes codes qu’il méprise… Et nous rappelle constamment qu’on nous sert des divertissements au goût rance, après avoir proposé la même soupe encore et encore. Une recette un poil étrange, il faut bien l’admettre ! Marvel est-il mourant ? Presque, et le film nous le rappelle sans cesse. Mais faut-il changer quelque chose ? Surtout pas, et le film s’y applique !

le 24 Juillet 2024 en salles | 2h07 | Action, Comédie, Science-fiction

De Shawn Levy | Par Shawn Levy et Rhett Reese

Avec Ryan Reynolds, Hugh Jackman, Emma Corrin

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