Longlegs : L’agent du FBI Lee Harker, une nouvelle recrue talentueuse, est affectée sur le cas irrésolu d’un tueur en série insaisissable. L’enquête, aux frontières de l’occulte, se complexifie encore lorsqu’elle se découvre un lien personnel avec le tueur impitoyable qu’elle doit arrêter avant qu’il ne prenne les vies d’autres familles innocentes.
Avis Global
Oz Perkins, fils du célèbre Anthony Perkins qui a terrifié toute une génération en incarnant Norman Bates dans le célèbre Psychose d’Alfred Hitchcock, arrive pour faire trembler nos écrans ! Le réalisateur a suscité l’attente depuis plusieurs mois avec ce nouveau projet et une campagne marketing soignée qui a maintenu le mystère et attisé l’intérêt du public. En réunissant le légendaire Nicolas Cage et la révélation de It Follows, Maika Monroe, dans un récit mêlant meurtre, satanisme et enquête du FBI… La recette semble réunir tous les ingrédients pour nous faire frémir ! Mais, au final, est-ce un grand coup d’effroi ? Ou simplement une tentative vaine de recréer l’atmosphère du célèbre Le Silence des Agneaux ?

Avec son dernier film, Oz Perkins réussit presque à nous donner des nuits blanches ! Grâce à une mise en scène puissante, le métrage nous plonge dans des moments d’angoisse remarquables. Avec un casting convaincant, on est entraîné dans l’enfer vécu par une jeune recrue face à un tueur psychopathe. Et c’est avec tout cela que cette joyeuse troupe nous emporte dans un film bourré d’idées… Mais peut-être aussi de défauts.
Une horreur latente grâce à une mise en scène habilement
Dès les premières minutes, le film nous embarque par sa maîtrise visuelle presque implacable. Dans ce paysage immaculé, l’horreur (celle du monstre et de sa difformité) crée un contraste des plus marquants, et la caméra nous la présente avec un soin particulier.
C’est ce soin apporté à l’esthétique du métrage dans sa globalité qui lui donne sans aucun doute sa plus grande force ! Que ce soit dans cette introduction percutante, où le cadrage amplifie la sensation d’un malaise palpable, dérangeant et pourtant inévitable. Comme dans d’autres scènes, tout aussi brillantes que terriblement angoissantes.

En nous promenant à travers une maison aux pièces recouvertes de bâches, évoquant presque Le Silence des agneaux, ou en nous immergeant dans un sous-sol suffocant… La mise en scène de Perkins soigne chaque plan et chaque jeu de lumière pour créer une atmosphère subtilement oppressante, privilégiant la maîtrise technique plutôt que l’accumulation d’effets, évitant les gimmicks du genre.
En mettant en scène des idées à la fois simples et horrifiantes, ce film puise sa force dans son esthétique visuelle, créant ainsi une atmosphère glauque et dérangeante. En oscillant entre le familier et l’insoutenable, il rappelle l’œuvre Sinister de Scott Derrickson.
Son plus grand tour de force réside dans une scène où notre tueur joue au chat et à la souris avec l’enquêtrice chez elle. En alternant entre des plans larges, oppressants par leur vide, et des plans serrés montrant la panique croissante de la jeune Lee, le film nous enseigne que l’horreur peut frapper fort, même avec des moyens simples, à condition qu’ils soient bien maîtrisés.
Avec ses scènes marquantes, qui font monter notre rythme cardiaque, et son ambiance malaisante et sombre, le film ne relâche jamais son emprise sur le spectateur, l’entraînant inexorablement dans son abîme.

L’horreur et le scénario : un massacre assuré ?
Mais alors, est-ce que le scénario sera aussi soigné que la mise en scène ? Ou bien la « malédiction » du vide narratif va-t-elle encore s’abattre ? Car oui, on peut assez facilement s’accorder sur une réputation qui a la peau dure : les films d’horreur ne sont pas réputés pour la force de leurs scénarios ! Et si nous avons tous des contre-exemples à la pelle, on ne peut nier que chacun a déjà été exaspéré par le naufrage narratif de certains films de ce genre. Et c’est peut-être le principal souci du film.
Car si l’esthétique est soignée, on ressent rapidement qu’Oz Perkins ne maîtrise pas totalement son écriture. Rapidement, un délitement narratif se fait sentir au fur et à mesure du métrage, et c’est bien dommage !
En effet, bien que l’on prenne plaisir à suivre cette enquête, on ne peut que regretter un trop-plein d’intrigues et de questions superposées… Pour au final ne pas réussir à retomber sur ses pattes. Le soufflé retombe peu à peu, notamment dans la partie finale, qui peine à boucler son concept de manière satisfaisante.

Peut-être que le problème réside dans le fait de montrer trop frontalement sa menace principale, dévoilant involontairement ses ficelles. Certaines sous-intrigues perturbent également la fluidité du récit, nous frustrant par leur manque de développement.
C’est certainement un peu de tout cela ! Que ce soit avec un Longlegs trop présent à l’écran, perdant ainsi de sa puissance horrifique, ou avec de véritables trous scénaristiques qui nous laissent un peu perdus dans une conclusion aussi confuse que prévisible… On boude un peu notre plaisir face à ce fouillis narratif.
Mais au final, on passe ? Ou on fonce le voir ?
Malgré ses défauts narratifs, Longlegs réussit à nous séduire, ou plutôt à nous terrifier ! Oz Perkins compense les faiblesses de son scénario par une maîtrise impeccable de la mise en scène. C’est cette force qui nous entraîne dans une atmosphère glauque et hypnotisante. Le film doit aussi beaucoup à son casting !
Impossible de ne pas mentionner la performance de Maika Monroe, qui marque les esprits dans ce nouveau rôle. Son interprétation intense montre à quel point elle s’épanouit dans ce genre de films. En face d’elle, l’inclassable Nicolas Cage, à la fois acteur et producteur, continue de jouer avec son image. Dans ce film, il incarne une menace physiquement transformée, avec une présence étrangement fascinante et un jeu toujours surprenant.

C’est donc grâce à cela qu’Oz Perkins parvient à nous marquer, même s’il doit maintenant travailler sur son travail d’écriture pour davantage convaincre. Car si les inspirations du réalisateur sont nobles, la comparaison avec ses derniers dessert forcément ce film. Peut-être pas sur son approche visuelle, mais indubitablement sur ses erreurs narratives, qui pourront en exaspérer certains !
10 juillet 2024 en salle | 1h 41m | Epouvante-Horreur, Thriller
De Oz Perkins | Par Oz Perkins
Avec Maika Monroe, Nicolas Cage, Blair Underwood
Vous pouvez continuer à nous suivre sur Instagram , Twitter et Facebook.

Laisser un commentaire