Après Cannes devrais-je le voir ?
Voilà le retour d’un habitué de la Croisette, où les films qu’il présente viennent animer des débats endiablés et divisent la critique à chaque fois ! Cet homme, c’est David Cronenberg, le papa de La Mouche, de Videodrome ou encore de son dernier film présenté à Cannes, Les Crimes du Futur. Le réalisateur canadien propose cette fois un film très intime, venant mettre une part de lui dans ce récit, qui relate un événement tragique : la perte de sa femme ! Avec un duo français en tête d’affiche, ce dernier projet semble laisser ses premiers spectateurs, pour le moins dubitatifs… Mais alors, est-ce que nous devons faire, nous aussi le deuil du cinéma de Cronenberg ? Où est-ce une résurrection pour le réalisateur ? On vous donne notre avis à chaud !

Mais du coup, ça parle de quoi ?
Karsh, un homme d’affaires renommé, qui en plus d’avoir été producteur, ou encore propriétaire d’un restaurant, est à la tête d’une compagnie high tech dans le domaine funéraire. Permettant à ses clients de rester connecté avec leurs défunts, avec un accès direct à leurs cadavres qui se décomposent peu à peu dans leurs « linceuls », mi-armure, mi-kimono connecté. Mais Karsh, qui a perdu sa femme depuis plusieurs années, ne parvient pas à faire le deuil de cette perte tragique. Tout bascule lorsque certaines de ces tombes sont profanées, y compris celle de sa femme. Karsh va alors décider de mener l’enquête, accompagné notamment par la sœur de sa femme.

Et alors, on en pense quoi ?
On ne peut le nier, il s’agit certainement du film le plus personnel du réalisateur. En venant mettre directement une part importante d’une blessure intime, suite au décès de sa femme en 2017. C’est certainement le plus intéressant dans ce projet ! Quand David Cronenberg vient y injecter une part de lui, ses métrages prennent une ampleur différente, une résonance particulière… Comme pour son film Les Crimes du Futur, où le réalisateur venait explorer sur grand écran sa relation avec son œuvre.
Dans ce film, Cronenberg mélange ses blessures personnelles, et ses réflexions autour du corps et de ses métamorphoses… Afin de livrer dans un premier temps un drame poignant, offrant une exploration personnelle, décalée et morbide. À travers le personnage de Karsh, on ressent bien vite le poids du deuil qui pèse sur lui, notamment au travers de cette scène de date assez rocambolesque, où ce dernier se conclut par une démonstration des linceuls, sur la tombe de la femme de Karsh ! Mais quel dommage, car cela ne dure que très peu…
Bien vite, le récit prend un virage vers le thriller ! Et pas n’importe quel genre de thriller, le thriller complotiste. Et à partir de ce point, le récit s’égare, perd en intensité, pour sombrer dans une intrigue trop explicative, et peu intéressante.
Les retournements s’enchaînent sans pour autant venir nous faire regagner en intérêt, mais viennent davantage enfoncer l’intrigue, avant un final aussi cryptique que décevant ! Si Diane Kruger semble bien évoluer sous la direction de Cronenberg... Vincent Cassel, lui, est à la traîne !
Ne parvenant pas à insuffler la bonne intention de jeu, cette dissonance nous sort des scènes assez rapidement… Il semblerait, hélas, que Cronenberg perde peu à peu la main, préférant une époque révolue, tandis que son public, continue d’avancer !
25 septembre 2024 en salle | 1h 56min | Thriller
De David Cronenberg | Par David Cronenberg
Avec Vincent Cassel, Diane Kruger, Guy Pearce
Titre original : The Shrouds
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes
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