Marcello Mio – Une ballade fantomatique un peu vaine pour Mastroianni et Honoré

Marcello Mio : C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara. Elle est actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père. Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui, respire comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello ».

AVIS GLOBAL

Note : 2.5 sur 5.

Pour cette 77e édition, la liste des attentes étaient longues, et il est clair que le dernier long-métrage de Christophe Honoré en faisait partie ! Réunissant Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini ou encore Nicole Garcia… Le film s’annonçait comme une longue ballade au milieu de fantômes, et d’un en particulier : Marcello Mastroianni. Mais est-ce que cette proposition parvient à emporter dans cette traversée mélancolique ? Où est-ce un film qui ne laissera aucune trace dans son sillage ?

En quelques mots

Marcello Mio est un essai qui ressemble assez à un coup d’épée dans l’eau ! Venant se perdre dans cette ballade qui se veut poétique, le fantôme ne revient jamais, l’émotion n’émerge pas… Malgré tous les efforts, la sauce ne prend pas vraiment ! Au détour d’errances narratives, on se demande peu à peu où ce récit veut nous emmener, ou encore ce qu’il veut vraiment nous raconter…

Marcello Mio | Ad Vitam

Une brochette d’acteurs qui se retrouve pour mieux errer ?

Car il faut bien se l’avouer, l’atout (et l’attrait) principal de ce métrage se retrouve dans ce casting qui s’aligne devant nous. On y retrouve un Fabrice Luchini emprunt d’une mélancolie touchante, exposant une fragilité que l’on voit rarement.

Ou encore une Nicole Garcia survoltée, qui saura nous arracher les quelques rires que le film parvient à nous offrir. Sans oublier Catherine Deneuve, figure royale du cinéma français, qui semble être à l’aise avec cette remontée du passée.

Face à elle, Chiara Mastroianni parvient à nous bluffer sous les traits de son défunt père, venant par instants, nous installer un doute : qui apparaît à l’écran ? C’est peut-être ici que l’actrice nous impressionne le plus, dans cette transformation bluffante ! Arborant la même démarche, venant nous réchauffer avec cet Italien chantant… L’actrice (et la fille) relève le défi haut la main !

Et il faut bien avouer que certaines scènes fonctionnent plutôt bien, de manière isolée ! Que ce soit cette scène d’audition dans une chambre d’hôtel assez hilarante, une partie de volley qui suspend le temps, et mélange les époques, ou encore la plupart des scènes de tête-à-tête entre Deneuve et Mastroianni, échange entre une mère et sa fille, entre l’épouse et le défunt mari.

Ce sont ces quelques poignées qui permettent au film de se relever, et de, par instants, nous emporter dans sa ballade aux notes poétiques. Car mis à part cela, on se demande rapidement où Honoré souhaite nous emmener, tout comme certains acteurs, plus en retrait, moins développés.

Marcello Mio | Ad Vitam

Honoré veut bien faire, Chiara erre… Et le spectateur se perd

Car les problèmes arrivent bien vite, quand le spectateur commence à se poser la question suivante : où est-ce que le film nous emmène? Quel est le but ?

Aux détours de déambulations dans les rues de Paris, puis de Rome, on se perd dans une errance un peu vaine, qui semble prendre plus d’intérêt à faire errer son actrice principale dans ses questionnements, qu’à nous impliquer véritablement dedans !

Est-ce parce que cette autofiction de Mastroianni est portée par un réalisateur dont la portée personnelle n’est pas la sienne ? Mais quelque chose fait que le métrage manque un poil de substance, de cet ajout opéré par le réalisateur pour en faire « son » œuvre.

On se perd rapidement dans des thématiques à peine mises en lumière : le poids de la filiation, de la figure du père absent (mais pas vraiment)… Ces thématiques, très personnelles, semblent ne pas totalement intéresser Christophe Honoré, mais c’est à ce moment qu’on se demande, sur quoi va-t-il bien s’attarder, si ce n’est pas sur le fond ?

Et bien, Honoré se concentre sur ses acteurs, notamment sa tête d’affiche ! Mais est-ce suffisant si on n’explore pas un, tant soit peu les sous-textes ? Est-ce que le spectateur ne restera-t-il pas de marbre face à un film qui lui reste hermétique, où les explications sont sombres, les messages peu clairs ? L’ennui et l’incompréhension viennent donc rapidement s’immiscer dans ce récit, qui par manque de développement, ne parviendra jamais à nous envoyer sa charge émotionnelle.

Marcello Mio | Ad Vitam

Mais au final, on passe ? Ou on fonce ?

C’est donc dans ce constat un peu tiède, que Marcello Mio semble être une œuvre un peu bicéphale. D’un côté, Christophe Honoré qui vient concentrer sa caméra sur ses acteurs, et sur sa Chiara en déambulation permanente. De l’autre, Chiara Mastroianni, le cœur de ce récit, où l’autofiction lui est tout droit adressée. Mais comment parvenir à mélanger les deux ? Nous n’aurons pas la réponse avec ce film hélas !

Si nous retenons surtout ce casting qui parvient à nous séduire, le reste tombera rapidement dans l’oubli. En retournant dans le brouillard de notre mémoire, à l’image de cette narration et de ce projet, qui ne parviendront jamais vraiment à en sortir.

22 mai 2024 en salle | 2h 01min | Comédie

De Christophe Honoré | Par Christophe Honoré

Avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Benjamin Biolay

Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes

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