Cannes 2024 – On a vu « The Substance », un film suintant, brillant et sanglant !

Après Cannes devrais-je le voir ?

Il arrive parfois que la sélection cannoise vienne se fournir de quelques films bien étranges, qui en apparence, n’auraient pas leur place aux côtés des grands films d’auteurs qui peuplent habituellement la Compétition Officielle. Mais depuis quelques années maintenant, la sélection semble vouloir ouvrir ses chakras, et c’est ainsi que nous avons pu découvrir le deuxième film de Coralie Fargeat : The Substance ! Venant annoncer une séance où le gore viendrait s’inviter sur la croisette, notre curiosité était à son maximum. Alors, est-ce un festin de cinéma ? Ou bien une véritable boucherie ? On vous donne notre avis à chaud !

The Substance | Universal Pictures

Mais alors, ça parle de quoi ?

Elizabeth Sparkle a connu son heure de gloire, actrice récompensée et animatrice célèbre d’aérobic, mais seulement, Elizabeth vieillie… Perdant son émission, réduite à l’oubli. C’est alors qu’une solution semble se profiler. Avec « the substance », il est possible de s’offrir une nouvelle version de soi-même, mais une version plus parfaite. Ce nouveau double, Sue, créée à partir du corps d’Elizabeth, se voit atteindre la vie que l’actrice désirait tant, mais cela se paye au prix de règles minutieuses à respecter. Que se passerait-il si on enfreignait un peu les règles ? Les conséquences seront-elles funestes ?

The Substance | Universal Pictures

Et du coup, on en pense quoi ?

The Substance est la séance choc et inespérée de cette compétition ! En nous proposant un film à l’écriture ultra intelligente, mais nous offrant des instants de gore débridés, de biserie assumée, Coralie Fargeat signe ici une anomalie fascinante !

Car la réalisatrice nous emmène loin ! La mise en scène, brillante de par ses corps suintants, vient étriller les affres d’une société où l’obsession du regard des autres, et du diktat de la jeunesse imposée par la gente masculine dans certains milieux, est plus forte que tout. Nous avons là un film définitivement féministe, qui vient totalement déconstruire la conception de la perfection corporelle.

Qu’il est bon de voir un film aller aussi loin dans l’exploitation du genre, et ici du gore, sans pour autant négliger son récit. Ici, la critique qui y est faite brille par son intelligence. La mise en place, chirurgicale et lente, permet aux idées de germer, à la comédie d’émerger, et à l’horreur d’exploser !

C’est sur ce récit que viennent grandir un duo principal absolument parfait ! Avec ce rôle, Demi Moore parvient à revenir de manière fracassante sur nos écrans. Que ce soit dans sa transformation physique, délicieusement monstrueuse, que dans la prise de risque folle de s’embarquer dans ce genre de projet. Face à elle, Margaret Qualley, véritable tornade de fraîcheur sur Hollywood, une actrice qui continue son ascension en élargissant sa palette de jeu !

Mais cela ne serait rien sans tout l’attirail visuel que le film déploie. Tout d’abord, c’est un pan du cinéma horrifique que la réalisatrice convoque dans ce film. De Cronenberg à Zemeckis en passant par Carpenter… Le film infuse ses références pour mieux les servir, avec une horreur latente, qui monte peu à peu avant de tout faire exploser !

Que ce soit avec ses mouvements de caméra et ses plans dantesques (jamais on aura vu autant de gros plans), ou encore dans sa grande profusion de sang et de gore dans un final jubilatoire, nous tenons là le film le plus improbable de la sélection, mais certainement le plus jouissif ! Peut-être la Palme d’or ? Mais définitivement la Palme du gore !

Prochainement | 2h 20min | Drame

De Coralie Fargeat | Par Coralie Fargeat

Avec Demi Moore, Margaret Qualley, Dennis Quaid

Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes

Vous pouvez continuer à nous suivre sur Instagram , Twitter et Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

categories

subscribe to my blog