Comme un lundi : Votre boss vous harcèle ? Vos collègues vous épuisent ? Vous ne voulez plus retourner au bureau ? Vous n’imaginez pas ce que traversent Yoshikawa et ses collègues ! Car, en plus des galères, ils sont piégés dans une boucle temporelle… qui recommence chaque lundi ! Entre deux rendez-vous client, réussiront-ils à trouver la sortie ?
AVIS GLOBAL
Le « blue monday » est le jour le plus déprimant de l’année. Imaginez maintenant que cette déprime journalière s’étende à une semaine plongée dans une spirale sans fin. C’est le postulat de Comme un lundi de Ryo Takebayashi, film qui nous enferme dans une « blue week » interminable.
Une semaine de travail sans fin
Pas de métro, juste du « boulot, boulot, dodo » dans Comme un lundi. Ryo Takebayashi est sorti de la spirale des boucles temporelles pour porter le « genre » dans la bureaucratie japonaise. Le réalisateur revendique ses inspirations pour mieux les utiliser pour critiquer avec humour les us et coutumes de son pays.
La boucle sans fin dans le monde du travail reste malgré tout une idée commune, mais dans ce cas précis elle fonctionne extrêmement bien. Nous pouvons y voir la culture d’entreprise du Japon, entre le travail par équipes ou le fait de dormir au bureau.
Cette notion est d’autant plus forte lorsqu’elle est liée au travail de mangaka qui est évoqué dans le métrage. Dans un cas ou dans l’autre, ce sont des journées voire des semaines entières à travailler assis dans un bureau. Comme un lundi dénote ainsi une envie de sortir de la spirale dans laquelle se trouve la société japonaise pour pouvoir tout simplement vivre.
Une boucle précise
Un message simpliste n’est pas synonyme d’œuvre sommaire et Comme un lundi en est la preuve. La réussite d’un long-métrage se basant sur une boucle temporelle tient principalement sur son montage et celui de Ryo Takebayashi est un pur film de monteur.
Jo Kobayashi semble lui aussi avoir travaillé d’arrache-pied dans un bureau pour atteindre un résultat pareil. La lassitude que peut causer le choix du huis clos dans un tel environnement n’existe pas. Les images filmées en caméra épaule sont montées avec dynamisme ce qui fait que Comme un lundi ne lasse jamais.
Le plus surprenant c’est que la construction du film se base sur un modèle qui se répète avec la présentation d’une situation qui mène aux répercussions de celle-ci via un montage rapide. L’œuvre est clairement répétitive, cette dernière réutilisant des plans – bien que ce soit nécessaire pour discerner les différences – et des symboles : la Lune, l’œil et évidemment la colombe, symbole d’espérance et de liberté. Pourtant, si nous pouvons effectivement dormir au bureau, ici il n’en est absolument pas le cas.

Seul face à ses regrets
La boucle temporelle est causée par la bureaucratie sauf que ce n’est pas elle qui vient à nous, mais l’inverse. Dans Comme un lundi, cette spirale est dû aux regrets d’un homme. En ayant abandonné son rêve de devenir mangaka, il s’est lui-même enfermé dans cette boucle en emmenant avec lui tous ses collègues.
Alors distants, dans la difficulté ils vont tous – à l’exception de l’instigateur involontaire de la spirale – se rejoindre, la boucle leur permettant de mieux se connaître et de se découvrir des liens insoupçonnés. En effet, ce n’est qu’en connaissant bien autrui que nous prenons conscience de la spirale.
C’est donc naturellement que le personnage va rester seul, toutefois un autre va l’accompagner dans la solitude. La réalisation autour de son isolement va coller à celle d’Akemi Yoshikawa. La protagoniste est dans la même situation que son collègue, celle-ci ayant un rêve qu’elle souhaite réaliser.
Ce songe, elle veut l’atteindre au détriment des autres, ce qui va être représenté par le fait qu’elle va continuer à travailler alors que son équipe fait tout pour sortir de la spirale. Malgré cette quête de liberté, le métrage ne nous invite pas à tout quitter pour fuir cette aliénation.
Avancer ensemble
Le métrage nous pousse à avancer en équipe, avec la particularité de toujours penser à notre bonheur personnel. De ce fait, le film n’est pas niais, et est au contraire très réaliste. Pour vivre sans regrets il faut être bien entouré et faire ce que nous aimons, peu importe si cela nous porte au succès ou non.
C’est d’ailleurs la morale du manga de l’homme, une bande dessinée qui va prendre une place conséquente dans le dernier tier du film. L’équipe étant liée au manga, nous allons observer la boucle par celui-ci.
Si c’est le cas c’est parce qu’ils travaillent ensemble dessus, sur quelque chose qui n’est pas leur création mais qui les touche personnellement. De ce fait, ils apprennent à la fois à être collectifs et à être individuel, des éléments qui leur serviront dans le futur.
Dans la spirale des œuvres à boucles temporelles, difficile de sortir du lot. Comme un lundi prend son envol en direction d’un terrain connu, mais il le fait d’une très belle manière. C’est une colombe qui nous promet la liberté sans nous bercer d’illusions.
COMME UN LUNDI
8 mai 2024 en salle | 1h 23min | Comédie
De Ryo Takebayashi
Avec Makita Sports, Wan Marui
Titre original : Mondays
Tout public
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