Godzilla Minus One : Le Japon se remet à grand peine de la Seconde Guerre mondiale qu’un péril gigantesque émerge au large de Tokyo. Koichi, un kamikaze déserteur traumatisé par sa première confrontation avec Godzilla, voit là l’occasion de racheter sa conduite pendant la guerre.
AVIS GLOBAL
30e opus de la saga japonaise du kaiju Godzilla (ou Gojira dans sa version originale). C’est le studio Toho qui a repris les rennes, qui était à l’origine de l’apparition lézard mythique sur les écrans. Avec le réalisateur japonais Takashi Yamazaki, le film s’éloigne du film de 2016, « Shin Godzilla ». En replongeant dans le japon d’après-guerre, Le monstre géant renoue avec ses origines. Et avec son budget de 15 millions de dollars, on peut déjà louer au film une certaine ambition quand on voit ses visuels. Mais est-ce que le métrage est à la hauteur de son ambition ? Avec une exploitation éclair dans nos salles, le kaiju semble déjà faire trembler le box-office, mais a-t-il pu nous faire trembler ? Ce film de science-fiction japonais est de nouveau en salles du 17 au 31 Janvier 2024.
« Godzilla Minus One » est un coup de cœur, et la preuve que le budget ne fait pas tout ! Avec ses moyens plus modestes, le film parvient à mettre à l’amende les blockbusters américains, notamment avec une véritable ambition visuelle, ainsi qu’un vrai sens de la maîtrise sur ses effets. Impressionnant dans ses scènes destructrices, Godzilla revient aux sources, et reprend enfin sa symbolique, ainsi qu’un sens du gigantisme bluffant. Un grand film du genre, un blockbuster ultra efficace, avec un récit touchant, bien que perfectible.

Un film visuellement gigantesque !
Assez rapidement, le film nous frappe par la maîtrise de ses effets et de sa mise en scène. En nous plongeant dans un Japon d’après-guerre, au moment où l’Axe perd la Deuxième Guerre Mondiale, et là, l’attaque nous plaque au sol ! Godzilla émerge dans la nuit et frappe de manière violente, nous laissant cloué sur notre siège, par la puissance de l’ionisation du lézard radioactif !
On se rend vite compte que le film fait preuve d’une inventivité folle face à son budget de 15 millions de dollars ! Démontrant tout son savoir-faire dans ses scènes de destructions et d’actions, nous ne pouvons être qu’ébahis devant le résultat final. Notamment dans une scène majeure, celle de la destruction de la ville par le célèbre Kaiju, le métrage déploie toute sa puissance démonstrative ! Godzilla y retrouve tout son gigantisme, ici venant être la figure menaçante dans un récit d’après-guerre. Venant mêler des techniques traditionnelles aux technologies modernes, le métrage impressionne constamment.
Démontrant toute son ambition qui est infusée tout au long du métrage ! Que ce soit dans la démonstration de puissance de la créature, dans la moindre scène où elle apparaît. Ou dans la richesse des décors (et leurs réjouissantes destructions), tout nous pousse à un plaisir régressif. Celui d’assister à un spectacle, faisant preuve d’un véritable amour de l’artisanat, et d’un sens du spectaculaire, qui semblait avoir été oublié par certains acteurs de l’industrie. Car le métrage frappe fort dans sa mise en scène, venant embrasser son concept avec une maîtrise déroutante. Lors de l’apparition du monstre géant, une menace instantanée est à l’écran, venant matérialiser nos traumatismes, nos peurs de la guerre. On souffle épique se dégage de ce film, qui vient écraser ses homologues américains avec fracas !

Un récit touchant mais inégal !
Avec ce nouvel opus, Godzilla revient aux sources ! En effet, sa création était une réponse aux bombardements et essais atomiques, dans un Japon encore meurtri et traumatisé par ces événements, et si les représentations plus modernes ont quelque peu oublié cet aspect. On replonge totalement dedans, ici ! Au travers notamment d’un film qui tend vers le film d’époque, venant reconstruire le Japon d’après-guerre, la narration va planter plusieurs figures qui seront nos principaux protagonistes. Ici, l’humain est au cœur du récit, des hommes et des femmes qui devront dépasser leurs propres figures… Venant dresser un portrait d’un Japon qui se remet durement des événements passés.
Bien que tout ne soit pas parfait dans ce récit, les scènes de dialogues n’étant pas toujours le point fort du métrage. Pouvant par moments faire retomber le rythme, pourtant bien soutenu. Pourtant, les personnages sont ici plus complexes que ce qu’on pourrait attendre d’un film du genre. Figures meurtries et brisées, il y a une émotion qui parvient à se dégager de leurs arcs. Et face à eux, une entité implacable, telle mère nature, destructrice comme la menace nucléaire, impitoyable comme la guerre. Toutes les thématiques sont ici rassemblées, et parviennent à prendre en puissance au fil du récit, appuyé par une mise en scène maîtrisée !

Mais au final, on fonce ? Ou on passe ?
« Godzilla Minus One » est un peu la petite pépite inespérée ! Venant régaler les fans de Godzilla, comme les amateurs des films de Kaiju, le film impressionne avec un sens du spectacle, qu’on ne retrouve que trop rarement. Avec ses 15 millions de budget, le métrage enterre la plupart des blockbusters américains, aujourd’hui dévitalisés, en démontrant que la surenchère n’est pas nécessaire pour nous en mettre plein les yeux. Un film ultra maîtrisé, avec une mise en scène efficace, des scènes marquantes, et un amour honnête pour le matériel d’origine.
Des apparitions mythiques, un sens du gigantisme qui fait du bien, Godzilla est mis à l’honneur ! Et ça nous rend heureux de retrouver un vrai divertissement, proposant une histoire qui se tient et qui évite de tombé dans les clichés du genre. Même si cet aspect n’est pas toujours aussi réussi que le reste, l’ensemble est de très bonne facture. Peut-être le meilleur exemple récent que le cinéma à grand spectacle est encore vivant !
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