Perfect Days : Hirayama travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Il s’épanouit dans une vie simple, et un quotidien très structuré. Il entretient une passion pour la musique, les livres, et les arbres qu’il aime photographier. Son passé va ressurgir au gré de rencontres inattendues. Une réflexion émouvante et poétique sur la recherche de la beauté dans le quotidien.
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PERFECT DAYS
Perfect Days est le dernier film en date de Wim Wenders, un réalisateur allemand, récompensé par le festival Lumières cette année ! Koji Yakusho a aussi reçu le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2023. Ce drame germano-japonais est sorti au cinéma le 29 novembre 2023.

tranquille comme un long fleuve paisible
Le long-métrage commence dans un calme quasi-religieux, au son du vent dans les feuilles et des voitures au loin sur l’autoroute. On découvre le personnage principal, et son appartement si singulier. Son cadre de vie est propre, cadré et méticuleux. Wim Wenders porte magnifiquement bien ce personnage si simple et si poétique à la fois qu’est Hirayama.
Cette interprétation par Koji Yakusho lui a d’ailleurs valu le prix d’interprétation masculine du Festival de Cannes, qui est vraiment mérité, son jeu étant d’une justesse délicate et subtil. Ce jeu était d’autant plus compliqué à maîtriser qu’il ne prononce aucune parole durant tout le début du film ; ses premiers mots seront liés à son travail, montrant que c’est une des choses auxquelles il porte le plus d’importance : « Tu vas vite quand tu veux ». En effet, son travail d’agent d’entretien montre qu’il est un homme généreux et serviable, qui s’occupe de rendre meilleur le quotidien des habitants de Tokyo.
Les premiers plans du film nous dévoilent la vie d’Hirayama, toute en couleurs, violet du côté de ses plantes, jaune du côté de son escalier. Cette atmosphère semble presque être celle d’un rêve, comme si nous étions encore enveloppés dans le sommeil de l’homme.
L’alternance entre les journées et les nuits de notre personnage se fait par le passage de la couleur au noir et blanc, et ses passages apportent une certaine épaisseur au récit, car il nous permet de comprendre quels sont les événements les plus marquants de la journée d’Hirayama.

Les rencontres, actrices du changement
Un des axes principaux du film s’articule autour des rencontres. Hirayama est la définition même de la routine, il apprécie son quotidien, et répéter les mêmes actions chaque jour. Ce sont toujours les rencontres qu’il va faire, qui vont faire dévier son existence de la trajectoire linéaire qu’elle maintenait. Ce n’est pas le personnage principal qui orchestre le changement, ce qui est assez inhabituel et vraiment intéressant ici : en effet, ce sont bien les gens qui viennent vers Hirayama et pas le contraire.
Sa première rencontre sera celle d’un petit garçon dans les toilettes qu’il nettoie, puis d’une dame qui s’émerveille de la technologie d’un autre sanitaire… Certaines rencontres se répètent, d’autres sont plus bouleversantes que d’autres…
C’est un des énormes points forts du film, sa capacité à capturer l’essence humaine dans toute sa diversité et sa beauté parfois un peu naïve, un peu triste et un peu décalée. Hirayama ne sait pas vraiment s’y faire en société, il a peur des interactions trop rapprochées avec d’autres gens. Notamment avec les femmes, il est un peu maladroit, par exemple avec cette jeune fille qui semble apprécier sa musique, et qui finit par le remercier d’un baiser sur la joue.

Apprécier les choses simples
L’interprétation japonaise de House of the rising sun est particulièrement marquante, alors que le personnage principal s’attable dans un petit restau de Tokyo. Cette scène est suspendue dans l’espace et dans le temps, on entend juste la voix magnifique de la restauratrice qui résonne sur la musique, et on est emportés.
Le film entier se veut tranquille et apaisant : à l’image d’Hirayama, nous pourrions tous nous concentrer sur les petites choses, apprécier la beauté des moments simples. L’humain est fascinant, comme cet homme qui semble être l’incarnation d’un arbre, ou encore cette jeune nièce qui ne cherche qu’à passer un moment avec son oncle qu’elle ne voit plus.
Il est bien vrai : quoi de mieux qu’une bonne vieille cassette dans les oreilles, sur une route de ville à l’aube, baignée dans la lumière du soleil levant ?
Quoi de mieux qu’un jeu de morpion étendu sur plusieurs jours, avec un parfait inconnu qui le restera pour toujours et à jamais ?
Quoi de mieux qu’une archive de vie condensée sous la forme de photos d’un seul et même arbre, au fil des jours, des mois et des années ?
Wim Wenders nous l’avait dit, nous les avons eues, ces jours parfaits.
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