Napoléon – Un empereur façon Ridley Scott qui peine à nous conquérir

Napoléon : Napoléon s’attache à l’ascension et à la chute de l’Empereur Napoléon Bonaparte. Le film retrace la conquête acharnée du pouvoir par Bonaparte à travers le prisme de ses rapports passionnels et tourmentés avec Joséphine, le grand amour de sa vie.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Pour ne rien louper, inscrivez-vous à la newsletter gratuite !

NAPOLÉON

Note : 2 sur 5.

Pour son 28e long-métrage, le réalisateur britannique Ridley Scott revient avec un biopic sur une figure célèbre et clivante: Napoléon Bonaparte. Le réalisateur de « Blade Runner » et de « Le Dernier Duel » nous avait annoncé un projet dantesque, avec une fresque épique de 3h45. Mais cette version, trop longue pour le format des salles, verra le jour sur la plateforme AppleTV+. La société à la pomme étant à la production. Ce biopic américain est sorti sur Netflix le 22 novembre 2023.

Napoléon | Sony Pictures

Quelques mots pour commencer

Nous voici donc avec une version de 2h38, nous relatant la vie, et les conquêtes du Général (et Empereur), Napoléon Bonaparte. Est-ce là le retour en force du réalisateur ? Ou un Waterloo de la cinématographie de Scott ?

Hélas, on ne peut que constater la déception face au résultat final. En souffrant d’un montage bancal, le métrage enchaîne ses scènes avec une frénésie, frôlant l’excès de vitesse, venant survoler la vie et le personnage de Napoléon. Avec la désagréable sensation que le film ne nous raconte rien. Nous voilà baladés dans un récit qui survole tout, avec un Joaquin Phénix qui ne convainc pas.

Une réalisation plate, mais sauvée par ses (rares) batailles

Mais si nous attendions bien une chose de ce projet, c’est bien que Ridley Scott soit derrière la caméra !

Bien que le réalisateur a pu nous décevoir avec son dernier film « House of Gucci« , l’espoir renaissait face aux premières images de son nouveau long-métrage. Et on ne peut pas le nier, le plus gros point fort de ce film se porte sur ses scènes de batailles. En mettant en scène des batailles comme celles d’Austerlitz, de Waterloo, ou de La Moskova… Scott sauve les meubles, en nous proposant une nouvelle fois un certain souffle épique. Scott a toujours su filmer l’épique, donner un souffle à certaines scènes, et heureusement, ce sera l’atout majeur de ce film.

Que ce soit avec des scènes de charge à cheval, où le galop des chevaux résonne comme une masse implacable, ou une certaine largeur de champs, donnant une grande amplitude à ces batailles. Nous voyons là que le réalisateur parvient à reprendre le contrôle de sa caméra, sans pour autant atteindre les sommets de ces œuvres précédentes. Malgré tout, le métrage est clairement à son plus fort dans ses batailles, ces masses qui s’entrechoquent, des puissances qui s’affrontent au prix humain… En somme, le métrage peut s’appuyer sur une photographie plutôt soignée, notamment avec au travers de la scène du couronnement de Napoléon.

Au travers de cette scène, bien trop courte, hélas, le film touche du doigt la beauté d’un tableau, tant par sa lumière que le cadre de la caméra. Il est dommage de voir que le reste du métrage plonge dans une mollesse abyssale. Scott ne parviendra jamais à icôniser sa figure principale, ni à faire quelque chose de sa mise en scène, avec des enchaînements d’un académisme décourageant, et un montage épileptique. Un ensemble convenu, mou, et oubliable au final.

Napoléon | Sony Pictures

Ridley Scott et Joaquin Phoenix: les retrouvailles manquées ?

Mais si la caméra de Scott semble fatiguée, on peut également porter la faute à son rythme narratif. Et ce sera le plus gros point faible de ce biopic, en fonçant à toute allure et en survolant toutes les thématiques qu’il souhaite aborder. Il est dommage de voir un métrage ne jamais parvenir à nous raconter quoi que ce soit, avec une absence totale de contexte sur certains événements, rendant le tout parfois incohérent.

Au fur et à mesure du récit, on perd le fil devant un enchaînement confus de la vie de Bonaparte. Devant cette confusion narrative, le spectateur peine à se repérer dans cette constellation de personnages obscurs. Et dans tout ce tourbillon brouillon, nous voyons des dates fuser aléatoirement, sans que le film nous explique ce qu’il se passe. Si le défi de faire tenir une vie aussi dense dans un film de 2H30, le scénario ici tranche dans le lard avec une vielle machette rouillée: les coupures ne seront jamais nettes !

Et là où le film fait mal, c’est dans son traitement des thématiques qu’il semble vouloir aborder. En commençant par la figure de Napoléon, il est frustrant de constater que le métrage n’y posera aucun point de vue. Le réduisant à une figure passagère dans son propre récit, on se demande constamment ce que le film tente de nous dire. Tirer un portrait d’un homme toxique, une thématique chère au réalisateur ? Décortiquer le personnage Napoléonien ? Que ce soit en mettant en lumière ce « génie » militaire et du coût humain, où jusqu’où l’ambition dévorante, l’hubris, peut mener à la tyrannie ? On ne le saura jamais vraiment, tant tout est effleuré, sans jamais approfondir quoi que ce soit.

Le tout avec un Joaquin Phoenix, tantôt d’un stoïcisme forcé grotesque, tantôt d’une bouffonnerie décourageante…

Napoléon | Sony Pictures

Mais au final, on passe ? Ou fonce ?

On regrette de ne voir qu’un métrage qui n’aboutira jamais, qui n’irait jamais exploiter ce qu’il expose !

« Napoléon » est au final un biopic brouillon, avec un respect historique relatif, et un ensemble relativement anecdotique. Porté par un Joaquin Phoenix qui livre une prestation qui se rapproche du grotesque par moments. On peut être consterné par un écart abyssal dans le jeu de ce grand acteur, qui va faire ici des pirouettes d’acting assez discutables. Avec en face de lui, une Vannessa Kirby invisible, de par son temps de présence trop faible.

Et là pose un autre souci, le manque de temps empêchera l’exploration du récit que le film tente de nous raconter. Ne parvenant jamais à explorer la relation entre Joséphine et Napoléon, pourtant central à la narration, ni à son personnage principal, qui devient une ombre passagère de son propre film. Le métrage ne maîtrise pas son rythme, empêchant de comprendre les différentes situations, ainsi que les personnages. Nous sommes donc face à un récit bancal, troué d’incohérences à grands coups d’ellipses narratives. Ainsi qu’un manque cruel de fond, ne parvenant jamais à exploiter ses thématiques avec suffisamment de matière…

Si Scott parvient tout de même à sauver cette dérive, grâce à ses scènes de batailles plutôt efficaces. Nous restons loin de la maîtrise d’antan, ces fameuses scènes ne parvenant pas toujours à nous coller au siège… Mais comparé au reste, qui est d’une grande mollesse, et d’un académisme ronflant ! On restera totalement sur notre faim, face à cet ensemble un peu faiblard, face à un sujet aussi passionnant que clivant. Mais surtout face à un métrage qui aurait pu porter à l’écran une grande fresque épique, avec un traitement intéressant de la figure de ce conquérant/tyran… Mais pas ici hélas !

Vous pouvez continuer à me suivre sur Instagram Twitter et Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Napoléon | Sony Pictures

categories

subscribe to my blog