
On découvre le premier long-métrage de la réalisatrice Molly Manning Walker, qui est présente dans la sélection « Un Certain Regard« . Où nous allons plonger dans un périple adolescent, mais peut-être aussi une exploration de troubles du passé. Et si l’ensemble du casting n’attend qu’à se faire découvrir ici, on ne peut cacher notre intérêt pour ce projet ! Alors, est-ce un voyage fiévreux et enivrant ? Ou bad trip qui nous passera l’envie de prendre des vacances ? On vous donne notre avis à chaud !
Mais ça parle de quoi en fait ?
Tara, Skye et Em sont trois amies inséparables. Et pour célébrer la fin du lycée, et mettre de côté les doutes et craintes quant à leurs futurs, la décision d’un voyage s’impose ! Une fois arrivée dans une station balnéaire en vogue sur la Méditerranée, c’est tout un enivrement qui s’annonce… Peut-être jusqu’à l’overdose. Mais jusqu’où aller dans l’expérimentation ? Et si le voyage rêvé entre amies allait se transformer peu à peu en cauchemar ?
Et du coup, on en pense quoi ?
« How to have sex » est un premier film qui impressionne, et une expérience qui marque. Le film nous embarque dans des vacances enivrantes, avant de devenir glaçantes. Et c’est peut-être aussi parce que le récit fait un parallèle avec la jeunesse de la réalisatrice, que le résultat arrive à créer un écho particulier. Car la plus grande force du métrage, réside certainement dans sa frontalité, mais sans perdre une certaine subtilité dans les thèmes qu’il aborde.
On ne peut le nier, la question de désirs sexuels, de plaisir (féminin en l’occurrence), et de consentement, sont toujours aussi tabous, mais pourtant au cœur de beaucoup de questionnements. Et c’est en étant conscient de cela, que le récit va rapidement plonger dedans, notamment en se concentrant davantage sur le personnage de Tara. C’est autour de cette jeune femme que le film se recentre peu à peu, sur le rapport qu’elle a avec son corps, complexée, et tentant de garder le rythme de son groupe. Peu à peu, on ressent une pression qui s’opère, celle de suivre ses pairs, celle de se sentir obligé d’expérimenter au maximum. Et lorsque que l’alcool, les soirées, puis l’arrivée d’un groupe de garçons viennent se mêler à tout cela, l’étau semble se resserrer. Un désenchantement commence à se faire ressentir !
Puis lorsque Tara semble se séparer de son groupe, comme pour évacuer un traumatisme, l’incompréhension prend place, sans que l’écoute n’arrive vraiment. Ce n’est pas évident de venir aborder des thèmes aussi intenses, mais le métrage y parvient assez habilement. Au final, nous ressortons essorés de ce visionnage, nous laissant une empreinte qui va grandir encore un peu. Et venant nous interroger sur la question d’un consentement qui semble encore si flou pour certains. Faisant davantage poser un constat d’une époque, que de lancer un cri moralisateur.
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