Cannes 2023 – On a vu « Le Procès Goldman », un film qui nous bouleverse encore !

Le réalisateur Cédric Kahn s’invite au Festival de Cannes ! Son prochain film a été présenté en ouverture de la Quinzaine des Cinéastes, et nous ramène dans les années 70, pour replonger dans une figure très médiatisée à l’époque : Pierre Goldman. Et c’est donc un film de procès en huis clos qui nous sera proposé ici. Mais le pari sera-t-il réussi pour le réalisateur de « La Prière » ? On vous donne notre avis à chaud !

Et ça parle de quoi en fait ?

Nous sommes en 1975, Pierre Goldman, figure assez célèbre de l’extrême gauche se retrouve jugé pour des braquages à mains armés, certains ayant pu entraîner des conséquences funestes. Ce dernier ne va pas se contenter de clamer son innocence, mais vient se hisser contre cette machine qui le déclare coupable. Non pas à cause de ces crimes, mais d’autres facteurs qui ne vont pas être du ressort judiciaire. Au final, de quoi Pierre Goldman est-il réellement coupable aux yeux de la justice, et de la société ?

Mais du coup, c’est comment ?

En nous offrant « Le Procès Goldman« , Cédric Kahn signe ici un film intelligent, avec une grande puissance politique ! Avec des faits, et une temporalité passée, le réalisateur parvient à créer un parallèle, comme si rien n’avait changé. Et avec une mise en scène très fine, jouissant d’une belle maîtrise de son dispositif scénique. Khan vient nous mettre à la place d’un juré, dans ce tribunal devenant presque une pièce de théâtre, la mise en scène viendra jouer sur cet aspect d’ailleurs. Le film parvient à insuffler une véritable tension, et joue habilement sur sa notion de huis clos judiciaire, en jouant sur sa mise en scène, ses effets de caméra, son montage… Et au final, on ne peut nier que le pari est réussi, réussissant à porter à l’écran un genre complexe.

Et en complément, nous faisons face à un récit fin, politique, actuel. En effet, on comprend rapidement que le fond du métrage ne sera pas la notion de criminalité. Mais c’est avant tout une critique d’un système, judiciaire, politique, policier… Et qui vient rapidement poser des convictions marquées, et créer des parallèles glaçants. En faisant de ce procès une véritable bataille sociale, avec un homme qui se place en innocent par le destin. Tel un martyr, mais qui pourrait être aussi son propre bourreau ? Pierre Goldman est l’acteur, enflammé par ses convictions, galvanisé par une audience à fleur de peau.

Dans cette grande représentation, tout tourne autour de Pierre Goldman, porté par le solaire Arieh Worthalter. Qui nous chamboule par son interprétation intense, habitée. Autour de lui, c’est une constellation de rôles secondaires tout aussi imposants qui s’illuminent ! Notamment Artur Harari en Georges Kiejman, célèbre avocat, ici face à un homme incontrôlable. Un duo brillant, qui vient parfaire un tableau puissant, haletant, mais peut-être aussi un peu alarmant !

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