Titre : WHITE GOD

Année de Sortie : 2014

Genre : Drame

Nationalité : Hongrois / Allemand / Suédois

Avis : Très bon drame

Ce film dramatique hongro-germano-suédois, s’inscrit dans une brillante démonstration d’une subtile alliance entre plusieurs ni- veaux de lecture. En plus de raconter le soulèvement d’une meute de chiens qui terrorise les habitants de Budapest, il semble s’édifier sur un certain nombre de références historiques. Le spectateur se retrouve à la croisée d’un sentiment de compassion pour ce chien abandonné et maltraité mais également d’effroi lorsque ce dernier s’en prend à des êtres humains. Ce film est un renversement progressif du système qui s’imposait comme inégal. À travers les yeux d’une caméra constamment mouvante et dynamique, on perçoit l’avènement d’un basculement vers la haine, le cloisonnement, l’op- pression et la meute : les maîtres mots d’un régime totalitaire. Avec 280 chiens en libre circulation dans Budapest et une métaphore à la fois narrative et sensitive, on s’y plonge facilement !

Un film dont le héros est un animal, en l’occurrence ici un chien, ne peut qu’attiser notre intérêt. Ce film ayant pourtant une trame simple, semble nous dévoiler tout un discours antisystème sous-jacent. En effet le chaos instauré par l’émeute des chiens en cavale ainsi que la réalisation à dominante vacillante évoquent l’opposition de la révolte d’un peuple opprimé et de l’écrasant totalitarisme. En plus de posséder une belle esthétique et de nombreux plans exquisément composés, White God soulève de nombreux faits sociaux comme le fait que la violence engendre la violence, l’effet de groupe, l’abandon et bien d’autres. Au même titre que ces chiens au combat, l’homme est un loup pour l’homme.

Ce film se démarque par son unicité. En effet, 280 chiens courants dans les rues de Budapest, ce n’est pas commun. Les plans au steadicam et épaules participent à une souplesse, une ambivalence et à la conversion progressive du chien passant d’un état jovial à celui de férocité. Le profond silence de la ville annonce le calme avant la tempête. Le chien Hagen, joué par deux chiens homologues, a été remarquablement bien dressé pour transmettre une si large palette émotionnelle. Il incarne paradoxalement une profonde humanité à travers ses jeux de regards, son instinct de survie mais également par sa solidarité. Il sauve ses congénères du joug des traqueurs du chenil profondément cruels. Une réelle métaphore sublimée !